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Développer la technologie, c’est créer un comportement humain

Qui oserait encore prétendre aujourd’hui que le progrès technologique est froid, distant et inhumain ? À la recherche de l’âme humaine des choses.


Le Professeur Guido Van Steendam est philosophe de la technique à la KU Leuven. Auparavant, il étudiait et enseignait l’éthique à Amsterdam. Il a également
étudié le résultat du choc entre la science et la philosophie.

Sa conception de la relation entre l’homme et la machine, entre sujet et objet, nous offre un cadre de réflexion. Et c’est à travers ce cadre que nous examinerons l’innovation et la numérisation. Il est un fait que la technologie rend notre vie plus confortable. En même temps, il ne faut certainement pas minimiser la valeur du contact humain. 

 

Les designers sont des créateurs de comportement

« Quiconque fait évoluer la technologie, ne fait pas que cela », explique le professeur Van Steendam, « chaque application numérique, chaque outil, chaque objet d’usage courant induit un comportement déterminé chez l’utilisateur ». La technologie que nous créons fait donc également évoluer l’humanité. Il s’ensuit que la technique n’est pas exclusivement technique, elle est aussi et surtout culturelle, sociale et sociétale. « C’est un moteur naturel », conclut-il, « nous façonnons notre monde, nous donnons une forme matérielle à la manière dont nous - les hommes - entendons vivre et travailler. »

Aucune enquête auprès des consommateurs n’a révélé que nous attendions tous avec impatience le lecteur mp3 ou internet. Si, à l’époque, Steve Jobs avait demandé s’il fallait conserver le lecteur de disquettes, tout le monde aurait répondu « oui ! » en choeur… L’innovation naît d’une conjonction entre la recherche, le développement, la production, le marché et l’utilisateur. Les ingénieurs, chercheurs et concepteurs de produits contribuent par leur inspiration et leur intuition. « C’est exact », dit Van Steendam, « lorsque nous proposons une nouvelle technologie, les besoins des utilisateurs changent également. C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas nous contenter de faire que ce que les gens disent. Les gens ne sont pas toujours capables d’exprimer de manière précise ce qu’ils désirent.

Quiconque fait progresser la technique, change le monde dans lequel nous évoluons. Donc, les circonstances dans lesquelles une personne pense avoir un besoin déterminé, sont entièrement variables. » Concevoir et développer, c’est donc avant tout apprendre à gérer l’incertitude. C’est vrai aussi pour les entrepreneurs qui innovent ou qui créent de nouveaux produits et services avec leur entreprise.

Ou pour les titulaires de professions libérales qui appliquent un nouveau processus ou une nouvelle technologie. Les entreprises qui développent quelque chose de nouveau ne peuvent donc pas se contenter d’écouter et d’exécuter. Elles doivent également tenir compte d’un vaste contexte sociétal.

Si nous nous étions contentés de faire ce que les gens demandent, les grandes inventions n’auraient jamais vu le jour.

« C’est exact », dit Van Steendam, « lorsque nous proposons une nouvelle technologie, les besoins des utilisateurs changent également. C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas nous contenter de faire que ce que les gens disent. Les gens ne sont pas toujours capables d’exprimer de manière précise ce qu’ils désirent. Quiconque fait progresser la technique, change le monde dans lequel nous évoluons. Donc, les circonstances dans lesquelles une personne pense avoir un besoin déterminé, sont entièrement variables. » Concevoir et développer, c’est donc avant tout apprendre à gérer l’incertitude. C’est vrai aussi pour les entrepreneurs qui innovent ou qui créent de nouveaux produits et services avec leur entreprise.

Ou pour les titulaires de professions libérales qui appliquent un nouveau processus ou une nouvelle technologie. Les entreprises qui développent quelque
chose de nouveau ne peuvent donc pas se contenter d’écouter et d’exécuter. Elles doivent également tenir compte d’un vaste contexte sociétal.

Apprendre de l’usage et du ressenti du moment

Mais comment pouvons-nous savoir de quelle manière la technologie doit évoluer ? « Le suivi des comportements, les réactions spontanées et la surveillance en temps réel fournissent des informations précieuses aux designers », répond Guido Van Steendam. Les expériences du passé ne suffisent pas lorsqu’il s’agit de comprendre comment un individu perçoit une application déterminée à un moment précis.

Tester et améliorer des prototypes est une stratégie intelligente.

Comment rendre la technologie plus humaine et plus conviviale ?

Les gens ont trop souvent tendance à qualifier la technologie d’inhumaine. Ce sont pourtant les hommes qui font la technologie. « Le progrès technologique est un processus humain. Il fait partie de notre société, de notre économie et de notre culture », explique Guido Van Steendam. « Nous apprenons également à utiliser correctement la technologie.

Lorsqu’un voyant tient une canne blanche, il la perçoit avant tout comme une canne d’appui, alors qu’elle permet à un aveugle de sentir le trottoir. » Un objet peut ainsi devenir le prolongement de notre corps.

Moins d’interfaces, plus d’interactions

Quand parle-t-on d’interaction entre l’homme et la machine ? L’interface visible disparaît peu à peu et fait place à un environnement intelligent. « Souvent qualifié d’ambient intelligence dans la littérature spécialisée », explique le professeur. Vous arrivez devant la porte d’entrée et votre maison sait que vous êtes là. Vous passez à la caisse d’un supermarché et vos courses sont payées automatiquement et sans le moindre contact grâce à la technologie NFC.

Conclusion : les machines vont encore mieux nous aider. Voyons avant tout les avantages. « Un taille-haie est plus efficace que deux mains et un sécateur. »

La technologie nous aide, mais elle ne nous a pas pris notre identité.

Le contact humain en tant qu’innovation ultime

Malgré tous les avantages qu’offrent les nouvelles technologies, il est important, selon le Professeur Van Steendam, de maintenir un véritable contact entre les hommes. « Les gens vivent des expériences comparables.

Grâce à leur empathie, ils peuvent comprendre l’expérience personnelle d’autrui. Les machines ne le peuvent pas ». En tant qu’entrepreneur, vous avez des
contacts avec vos clients via votre entreprise. En tant que titulaire de profession libérale, vous les recevez en consultation. Autant de moments où un individu s’efforce de comprendre l’autre. Les hommes sont des modèles, des challengers, des interlocuteurs... les uns pour les autres. Nous nous aidons mutuellement à façonner notre identité. Une machine ne pourra jamais y arriver. « La technologie nous aide, mais elle ne nous a pas pris notre identité. Les individus se défient toujours bien plus entre eux que les machines. », conclut-il.

mercredi 22 novembre 2017