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D’où nous vient cette brique dans le ventre ?

La fameuse maison avec jardin… Nous en rêvons tous ! Ce n’est pas pour rien qu’avoir un logement à soi arrive en tête des priorités. Mais pourquoi les Belges sont-ils à ce point attachés à l’immobilier ?

Petit retour en arrière

Le germe de notre frénésie d’achat et de construction est apparu après la Deuxième Guerre mondiale. C’est à cette époque que la Belgique est tombée sous le charme de la brique et du béton. Le responsable ? Le ministre de la Santé publique et de la Famille Alfred De Taeye. Il a favorisé l’acquisition d’un logement personnel en octroyant des subsides et en mettant sur pied un système hypothécaire pour  ‘monsieur tout-le-monde’. Son but ? Décourager la vie dans les villes « corruptrices » et inciter la population à user en masse de la brique et du ciment dans les villages et les communes. Mission réussie ! De nos jours, la loi De Taeye n’existe plus, mais notre brique dans le ventre continue de nourrir notre appétit immobilier. Maintenant encore…

 

Il y a 40 ans, sept Belges sur dix louaient. Aujourd’hui, 80 % des Belges sont propriétaires.

Parce que les chiffres en disent souvent plus long…

Il y a 40 ans, le marché belge de l’immobilier avait une tout autre allure. À la fin des années 70, 7 Belges sur 10 louaient. Aujourd’hui, ils sont près de 80 % à être propriétaires.

L’immobilier constitue en moyenne deux tiers du patrimoine des ménages belges.

Cela s’explique notamment par la chute des taux. Emprunter est devenu plus intéressant, ce qui a dopé le marché acheteur. La hausse de la demande a provoqué une forte augmentation des prix.

La Belgique figure dans le top 5 mondial du nombre de propriétaires. La Lituanie est le numéro 1. Là-bas, pas moins de 97 % des citoyens possèdent une propriété immobilière. Les Pays-Bas comptent 55 % de propriétaires. Et l’Allemagne à peine 43 %. Need we say more?

 

 

 

Le petit coup de pouce

Cette brique dans le ventre, elle nous est transmise dès l’enfance. Acheter vaut mieux que louer : cela reste l’une des grandes leçons de vie que les parents enseignent à leurs enfants dès leur plus jeune âge.  

Deux tiers des jeunes ménages reçoivent une aide financière de leurs parents ou de leur famille à l’achat de leur première maison. Le gouvernement aussi y va de sa poche en rendant l’immobilier plus attrayant et plus accessible pour un public plus large. Il utilise plusieurs moyens à cet effet :

  • La récente diminution des droits d’enregistrement à l’achat d’un logement personnel
  • Les incitants fiscaux à l’emprunt, tant pour un logement personnel que pour une résidence secondaire ou un immeuble de rapport
  • La baisse des taux pour l’impôt de donation sur l’immobilier (depuis 2015), ce qui facilite la transmission de ce type de patrimoine de génération en génération

 

Deux tiers des jeunes ménages reçoivent une aide financière de leurs parents ou de leur famille à l’achat de leur première maison.

Le tremplin immobilier

Avant, le Belge achetait un logement une fois dans sa vie. Aujourd’hui, il avance par étape. Une tendance que nous observons dans de nombreux pays européens en raison de la hausse des prix.

Les jeunes Belges portent leur choix sur une petite maison ou un appartement. Après quelques années, ils en changent pour un espace plus grand. Pour évoluer ensuite progressivement vers une maison qu’ils font construire.

Ils se constituent graduellement un budget immobilier. Plus de la moitié des Belges qui finissent par faire construire utilisent à cette fin l’argent tiré de la vente d’un bien précédent.

 

Notre brique dans le ventre est toujours là. Et elle ne risque pas de disparaître de sitôt. Mais nous nous accrochons avec moins d’acharnement à notre premier logement. Cette fameuse première pierre, nous la posons plus d’une fois.

 

jeudi 1 février 2018