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L’influence des émotions sur notre comportement d’investissement

Le portefeuille de placements idéal n’existe pas. Chaque portefeuille est différent. Rien de plus logique, car chacun pense et réagit à sa manière. A fortiori quand il y a un risque de perte de capital.

« Quelle moins-value puis-je me permettre temporairement sans en perdre le sommeil ? », c'est la question à vous poser pour déterminer votre stratégie de placement et, pour ensuite constituer pas à pas votre portefeuille avec une vision claire. Jan Theus nous en parle plus en détail.

« Quelles fluctuations de capital puis-je supporter ? Une question cruciale, qui conditionne en partie la stratégie de placement »

On pense généralement qu'investir relève de la raison, en niant les émotions. Jan Theus, spécialiste placements de la banque, y est pourtant régulièrement confronté. « Surtout comme l’année dernière, suite à la chute des cours boursiers.  Quand la situation se dégrade, qu’il y a une perte de capital, des émotions comme l’angoisse, la déception et même la colère surgissent. En tant que spécialistes en accompagnement patrimonial, à l'aide d’un questionnaire détaillé, nous évaluons les fluctuations que le client est prêt à supporter. C’est cette évaluation qui va conditionner une partie de la stratégie de placement. »

Aversion pour les pertes

« Les larmes que l’argent perdu fait couler sont bien sincères », disait déjà le poète romain Juvénal au premier siècle apr. J.-C. Les temps changent, mais pas notre réaction à une perte de capital.

Jan Theus : « Nous éprouvons naturellement une aversion pour la perte. Personne n’investira jamais complètement dans des placements dynamiques, même si le rendement escompté est maximal. Au moment de constituer le portefeuille de placements, nous parlons souvent de «béton», c’est-à-dire des placements qui sont tellement sûrs que rien ne peut déraper.

En accompagnement patrimonial, nous aidons les clients à faire les bons choix. Ensemble, nous essayons d’obtenir le bon équilibre entre des placements qui visent le rendement et d'autres qui excluent le risque de perte de capital. La répartition entre ces deux composantes doit être correcte pour le client.
C'est comme un robinet de douche: presque personne ne se lave uniquement à l’eau chaude ou à l’eau froide. Entre ces deux extrémités, la température exacte que doit avoir l’eau varie pour chacun.

Le bon rapport risque-rendement est à la base de la stratégie de placement souhaitée. Définir cette stratégie et en assurer un suivi permanent constitue le coeur de notre métier. »

Bannir l’émotion du moment

Jan Theus : « Nous assistons parfois à des drames, surtout lorsque le marché financier se dérègle. Des clients veulent soudain adopter une autre stratégie en fonction d’événements récents. Ils prennent peur et décident dans la panique de changer d’approche. Nous avons pour mission de leur rappeler le pourquoi de la stratégie choisie, de les rassurer et de veiller à ce que les émotions du moment ne prennent pas le dessus. L’expérience nous a enseigné qu’à long terme, tout rentre dans l’ordre. »

« La répartition entre les placements visant le rendement et ceux excluant le risque de perte de capital doit être correcte »

Un portefeuille de placements diversifié

Une fois la stratégie de placement définie sur base du profil de risque, nous enchaînons sur le volet rationnel. De quoi se composera concrètement le portefeuille de placements ? Quels sont les choix financiers importants ? Quels sont les placements adéquats ?

1. Prévoyez une réserve pour les dépenses imprévues
Avant de faire des placements, attendez d’avoir constitué une réserve financière suffisante. Prévoyez un montant disponible pour des dépenses imprévues. Nous recommandons généralement un montant correspondant à six fois vos besoins mensuels en y ajoutant les grosses dépenses programmées pour les 6 années à venir. Placez ce montant sur un compte de dépôt et un compte à terme.

2. Définissez votre équilibre personnel entre liquidité, protection et rendement
Un portefeuille de placements diversifié repose sur trois composantes : liquidité, protection et rendement.

Liquidité : il s’agit de la réserve financière. Tout portefeuille équilibré tient compte de la possibilité de disposer immédiatement et à moindre coût d’une somme d’argent sans risque de perte de capital. C’est ce que nous appelons la liquidité d’un portefeuille. À titre d’exemple concret, il peut s’agir de comptes de dépôt à court terme et de comptes à terme d’une durée de moins de 3 ans.

Protection : nous la recherchons dans des investissements à capital protégé comme les comptes à terme, la branche 21 (privé) et la branche 26 (société). A la date d’échéance, vous recevrez intégralement votre capital initial.

Rendement: en fonction de votre appétit personnel au risque, votre portefeuille de placements peut englober des composantes axées sur le rendement. Il vous permet de viser un rendement supérieur. À cet effet, nous recommandons les composantes suivantes : des fonds de placement sans protection de capital et des assurances- placements sans protection de capital de la branche 23.

Les investisseurs prudents opteront essentiellement pour une protection à 100 %. Les investisseurs dynamiques privilégieront le rendement. Les investisseurs défensifs et neutres trouveront un équilibre entre ces deux extrémités.

3. Axez votre portefeuille sur la composante « protection »
La composante « protection » a sa place dans pratiquement tous les portefeuilles de placements. Optez pour des placements à capital sécurisé dont les échéances s’étalent dans le temps. Un mélange de comptes à terme et de placements en assurance dans la branche 21 vous garantira une bonne répartition. Des placements à capital sécurisé ne vous offriront pas le rendement « le plus élevé », mais vous procureront protection et sécurité. Ils constituent une base sûre pour votre portefeuille de placements.

4. Basez votre composante « rendement » sur des placements dynamiques
À long terme, des placements dynamiques (« rendement ») offrent une perspective de rendement plus élevé que les placements à capital sécurisé (« protection ») et peuvent constituer un beau levier. Ce levier peut devenir très important à une échéance plus lointaine.

5. Restez fidèle à la stratégie de placement choisie
Une fois que vous avez défini les lignes de votre stratégie, il est capital de vous y tenir. Ne vous laissez pas guider par les émotions ou les opportunités qui surgissent en cours de route. Car à long terme, rester fidèle aux choix qu’on a faits permet toujours d’obtenir un meilleur rendement.

 

Confiance en l’avenir

Après quelques bonnes années, les marchés boursiers ont récemment connu un net recul. Depuis la crise de l’euro en 2011, 2018 a été la pire année boursière des sept dernières années. Votre investissement rapporte moins que prévu. Difficile de s’en tenir à votre vision à long terme en période de turbulences. Mais c’est pourtant le bon choix. Parce que même si nous sommes dans une période de fluctuation des cours boursiers, la croissance mondiale reste intacte. Ne vous contentez pas de regarder aujourd’hui. Continuez à vous concentrer sur la stratégie choisie.

 

 

jeudi 24 janvier 2019