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Et si un cabinet de médecins généralistes était une start-up ?

Dr. Filip Goossens et Dr. Ruth Maes évoluent vers une autre manière de travailler. Ainsi, la numérisation et le financement alternatif permettent une amélioration de la qualité des soins.

Les médecins généralistes Goossens et Maes sont passés maîtres dans la gestion du temps. Même s’ils jonglent avec leur agenda, ils parviennent malgré tout à libérer une heure pour une interview sur leur vision et leur cabinet.

Médecin généraliste : un nouveau métier

Le métier de médecin généraliste a changé. Non seulement parce que la médecine a évolué, mais aussi parce que les nouvelles générations de médecins généralistes veulent travailler différemment. Et surtout : parce qu’ils souhaitent aussi vivre. « C’est pourquoi nous travaillons ensemble dans un cabinet de groupe, de façon à ce que les patients puissent toujours compter sur l’un de nous.

Le Dr Van Kerkhove, la maman du Dr Maes, travaille aussi au cabinet. Le service reste également personnel, car les patients peuvent choisir au sein du cabinet le médecin avec qui le courant passe le mieux », explique le Dr Maes. Et le Dr Goossens d’ajouter : « Autrefois, le médecin de famille était le médecin qui accompagnait les gens de la naissance au décès et était disponible jour et nuit. Il n’y avait pas de service de garde. Aujourd’hui, les gens recherchent des soins médicaux plus rapides et certains ont tendance à se tourner plus rapidement vers un spécialiste. »

Le Dr Maes précise : « Je constate aussi davantage de pression et de stress chez les patients. J’ai l’impression que je traite comparativement beaucoup plus de problèmes psychologiques qu’il y a 10 ans. »

Avec un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, nous donnons nousmêmes le bon exemple à nos patients.

Comment le médecin généraliste et le MGF apprennent l’un de l’autre
Dr Maes : « Le MGF est un médecin généraliste en formation. Il ou elle travaille de façon autonome, mais bénéficie de notre accompagnement. Un jeune médecin généraliste se voit ainsi offrir l’opportunité d’exercer son métier avec le soutien d’un médecin généraliste expérimenté.

Mais nous apprenons également d’eux. Le MGF et les stagiaires nous aident à suivre de près les évolutions dans la profession. Ce qu’ils apprennent à l’université, ils le partagent avec nous au cabinet. » « Au cabinet, le MGF maintient notre attention sur la médecine factuelle », conclut le Dr Goossens.

Le cabinet moderne peut compter sur une équipe pluridisciplinaire

Outre les 3 médecins généralistes à demeure, un MGF et un ou plusieurs stagiaires, le cabinet moderne travaille également avec un collaborateur administratif et une infirmière. Le Dr Goossens : « Le Gouvernement devrait encourager l’engagement d’un infirmier ou d’une infirmière dans chaque cabinet.

Le coût salarial décourage de nombreux médecins, alors que la plus-value que nous apporte notre infirmière est énorme. » « Grâce à elle, nous consacrons davantage de temps à nos tâches clés, ce qui fait que nos patients bénéficient à tout moment d’une attention maximale », explique le Dr Maes.

Grâce à notre infirmière, nous pouvons bien mieux remplir notre rôle de médecin généraliste.

Comment la numérisation permet de proposer de meilleurs soins

La numérisation est omniprésente. Y compris dans le cabinet des docteurs Maes et Goossens. Comment la technologie a-t-elle amélioré l’expérience et la qualité des soins pour le médecin généraliste et le patient ? Dr Goossens : « Pas moins de neuf rendez-vous sur dix sont enregistrés dans nos agendas par nos patients euxmêmes via notre site web. Ils y indiquent également la raison de leur venue, de sorte que nous sommes mieux préparés à la consultation. »

« Ce système permet une meilleure organisation pour tout le monde », conclut le Dr Maes. « De plus en plus de laboratoires travaillent également de façon numérique », raconte le Dr Goossens. « Il nous est donc plus facile de comparer les résultats et de visualiser les données. » Les dossiers médicaux des patients sont évidemment aussi numériques. À partir de 2018, la prescription de médicaments devrait elle aussi être entièrement numérisée. Dr Maes : « Si les pharmaciens, les médecins généralistes et les mutualités partagent la même interface numérique, tout le monde pourra voir à tout moment et depuis n’importe où de quel médicament a besoin tel ou tel patient. La demande de remboursement auprès de la mutualité peut aujourd’hui être introduite rapidement en quelques clics. C’est pratique à la fois pour le médecin et pour le patient. »

Qu’est-ce qui fonctionne encore de façon numérique dans le cabinet des docteurs Maes et Goossens ? « Les patients peuvent demander leurs prescriptions via notre site web, poser une question médicale simple par e-mail ou demander rapidement l’avis du dermatologue sur la base d’une photo envoyée par WhatsApp », confirme le Dr Maes.

Que pensent nos médecins de la protection de la vie privée et des données à caractère personnel ? « Cela devient un véritable défi à différents niveaux », commence par dire le Dr Goossens. « Plus le nombre d’applis médicales grimpe, plus le volume de données augmente et plus l’analyse de toutes ces données devient complexe. Qui plus est, il faut que la vie privée et les données à caractère personnel du patient continuent à lui appartenir et ne deviennent pas la propriété d’une entreprise animée d’intentions commerciales. »

Un abonnement chez le médecin

Depuis une petite année, le cabinet des docteurs Maes et Goossens est un cabinet au forfait : les patients ne paient plus pour leur consultation chez le médecin généraliste. Le cabinet reçoit un forfait mensuel de la mutualité du patient, à qui l’équipe du cabinet prodigue souvent des soins proactifs. À une condition toutefois : le patient ne peut consulter que son propre médecin généraliste. Cela rend les soins de santé plus accessibles.

Travailler au forfait nous aide à prévenir au lieu de guérir uniquement.

La médecine par abonnement présente-t-elle encore d’autres avantages ? « Certainement », confirme le Dr Maes, « nous pouvons consacrer davantage de temps à la santé physique, mentale et sociale générale de nos patients sans forcément devoir les voir. Nous collaborons, par ex., avec le CPAS concernant certaines situations familiales.

Nous observons également un suivi beaucoup plus strict de notre programme de vaccination pour tous nos patients. » Le cabinet des docteurs Goossens et Maes applique ainsi de plus en plus une politique préventive parallèlement à la médecine curative. L’action préventive peut être un argument de vente pour le patient. Cette façon de travailler et de gagner sa vie est innovante et audacieuse. Les assistants et infirmiers déchargent les médecins de nombreuses tâches, de sorte que chaque médecin généraliste peut s’occuper de plus de 1.000 patients, tout en gardant suffisamment de temps libre dans son agenda.

mercredi 22 novembre 2017