test

Les avantages et les inconvénients du cabinet collectif

La pression qui pèse sur les médecins généralistes était devenue telle que trois confrères ont décidé d’unir leurs forces.

Dirk Van de Sype, un médecin généraliste ayant 39 ans d’expérience, a été l’un des initiateurs du projet. Le cabinet collectif existe maintenant depuis deux ans. L’heure est venue de procéder à une première évaluation : quels sont les avantages et les inconvénients du travail en cabinet collectif ?

« Le cabinet collectif a nécessité trois années de préparation intensive, plus deux années pour la construction », raconte Dirk Van de Sype. « Il peut accueillir six médecins. Nous sommes parés pour l’avenir. Nous pouvons encore grandir et continuer à réduire la charge de travail.»

Deux des places disponibles sont aujourd’hui occupées par des MGFP – des médecins généralistes en formation. Griet Vander Slagmolen, en formation chez le docteur Van de Sype, nous rejoint autour de la table. La MGFP jouit d’une autonomie respectable au sein du cabinet. Griet Vander Slagmolen le confirme d’ailleurs : « Il ne s’agit pas d’un stage d’observation et Dirk ne regarde pas constamment par-dessus mon épaule. Ce qui n’empêche pas que je lui pose évidemment beaucoup de questions. » Cette déclaration nous amène d’emblée au premier avantage du cabinet collectif :

Apprendre les uns des autres

« Collaborer non pas avec un, mais bien avec trois médecins généralistes expérimentés offre une grande valeur ajoutée », fait remarquer le docteur Vander Slagmolen. « J’observe, j’écoute et glane des informations à gauche et à droite. »

 

L’interaction me permet de garder l’esprit aiguisé

Le docteur Van de Sype ajoute : « Nous apprenons beaucoup les uns des autres. Les MGFP apportent une dimension particulièrement enrichissante au cabinet collectif. Ma génération travaillait essentiellement en solo, ce qui faisait courir le risque que chacun supposait que sa méthode était la bonne. Mais nous n’avions aucun point de comparaison. »

« Quand un médecin généraliste qui travaille en solo s’arrête, le bagage qu’il s’est constitué au fil des ans disparaît. Je trouve cela dommage », dit-il.

Réduire le stress

« La collaboration a fait baisser le niveau de stress. Nous avons trois secrétaires à notre service. Tous les médecins peuvent ainsi se concentrer sur l’essence même de leur travail. Ce qui est loin d’être évident pour les médecins débutants. »

S’entraider

« Lors des consultations, la charge de travail est répartie. Si je suis appelé pour une urgence et que la salle d’attente est bondée, mes confrères prennent
le relais. C’est rassurant. Pareil quand je suis malade ou en vacances, » raconte Dirk Van de Sype.

 

Conseils à l’intention des médecins qui envisagent une association


« Nous avons demandé à l’association de médecins à laquelle nous sommes affiliés de nous accompagner. Ils ont attiré notre attention sur les pièges potentiels d’un cabinet collectif », explique Dirk Van de Sype.

Dialoguer en toute franchise

« Il faut discuter ouvertement de l’engagement financier et professionnel de chacun. Il faut se répartir équitablement les frais et la charge de travail. »

S’investir au service de l’équipe

« Il est important de prêter attention aux aspects interpersonnels. Il faut impérativement faire preuve d’esprit d’équipe et d’empathie envers les collègues. Une adaptation à ne pas sous-estimer pour un médecin généraliste qui a travaillé seul pendant de nombreuses années. »

Informer les patients

« Les patients sont attachés à leur médecin généraliste personnel. C’est un cliché, mais c’est la vérité, et cela nous a causé pas mal de soucis lors du lancement du cabinet collectif. De nombreux patients nous ont demandé si leur médecin allait tout de même pouvoir continuer à les suivre. Nous les avons informés clairement des implications d’un cabinet collectif, et au final, tous nous ont suivis. »

 

Assurer la relève

Comment le docteur Van de Sype résumerait-il son expérience ? « Eh bien, je dirais qu’au début, j’avais l’intention d’arrêter à 60 ans, puis c’est devenu 62
ans, et aujourd’hui, je continue d’exercer alors que j’ai déjà 65 ans. J’ai toujours autant de plaisir à exercer mon métier, mais j’estime que vis-à-vis de ma famille, de mes patients et de moi-même, je ne peux pas continuer éternellement. Nous sommes donc à la recherche de jeunes médecins généralistes enthousiastes, qui sont séduits par notre projet et qui pourront reprendre le flambeau à temps. Cela permettra de continuer à garantir la qualité des soins apportés aux patients », sourit-il.

mardi 8 mai 2018