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Les urologues de quatre hôpitaux créent une association

Dans la province du Limbourg, les services d’urologie des quatre plus grands hôpitaux ont fusionné. L'association à commencé le premier janvier de 2017, mais pas sans la préparation nécessaire. Le docteur Patrick Willemen, urologue au Jessa Ziekenhuis d’Hasselt, nous a raconté toute l’histoire.

 

Une évolution progressive

Dans les années 1990, le docteur Willemen collaborait déjà avec l’hôpital de Herk-de-Stad pour étendre les possibilités de son cabinet. Quelques années plus tard s’en est suivie une collaboration avec un collègue du Sint-Franciscusziekenhuis de Heusden- Zolder, jetant ainsi les bases de la première collaboration entre spécialistes de trois hôpitaux.

Après la fusion du Salvator et du Jessa Ziekenhuis en 2010, l’association a continué de croître et les spécialistes de l’AZ Vesalius de Tongres et du Sint-Trudo de Saint-Trond l’ont également rejointe. Le fait que le monde de l’urologie ne soit pas si grand et que les différents spécialistes se rencontrent régulièrement lors de réunions a naturellement favorisé tout ce processus.

Mieux pour nous. Mieux pour le patient

Outre le fait qu’elle permet de toucher un plus grand nombre de patients, l’association présente, selon le docteur Willemen, encore trois avantages essentiels. Premièrement : tous les hôpitaux concernés participent aux achats onéreux, comme celui d’un robot chirurgical.

La pratique médicale devient en outre plus humaine et de meilleure qualité. Le fait de collaborer avec des collègues simplifie considérablement l’organisation des gardes, entre autres. Mais l’atout majeur d’une telle association est, selon Patrick Willemen, que chacun peut se « sous-spécialiser ». La possibilité de se concentrer sur un aspect déterminé fait que le même type d’intervention sera toujours pratiqué par le même chirurgien. Celui-ci acquiert dès lors une expertise qui lui permet de prodiguer les meilleurs soins aux patients. L’association d’urologues compte actuellement 12 urologues et 5 assistants en formation. Une aussi grande équipe permet d’aller encore plus loin dans les sous-spécialisations existantes.

La spécialisation avancée permet que le même type d’intervention soit toujours pratiqué par le même chirurgien. Ce dernier acquiert dès lors une expertise qui lui permet de prodiguer en permanence les meilleurs soins à ses patients.

Tous les regards tournés dans la même direction

Cela peut peut-être paraître simple sur papier, mais organiser la collaboration entre les différents hôpitaux n’est pas une sinécure. Uniformiser tous les règlements hospitaliers et les mettre en conformité avec le contrat de l’association exige un important travail de concertation – concertation qui est d’ailleurs toujours en cours.

Patrick Willemen : « Il n’a pas été facile de convaincre tous les hôpitaux. Nous devons en effet être ‘médecin autorisé’ dans chacun des hôpitaux de l’association, pouvoir opérer et faire des gardes partout. Tous les hôpitaux ne sont pas habitués à cela, ce qui demande donc un dialogue important. »

Le docteur Willemen précise que, comme dans toute négociation, il est crucial que tout le monde regarde dans la même direction et axe ses efforts sur la réalisation du même objectif. Il lui semble donc évident qu’à un moment donné, tout le monde doit mettre de l’eau dans son vin.

Associé. Fraternité. Égalité

L’accord financier implique que la nouvelle association recueille tous les revenus. Elle s’en sert pour payer les frais généraux et la même rémunération à chacun. Tous les associés gagnent donc la même chose. Cela permet de niveler les différences au niveau des accords de coûts entre les différents hôpitaux, ainsi que les différences de rémunération entre toutes les interventions chirurgicales. Chacun peut ainsi continuer à parfaire sa sous-spécialisation sans pénalité financière ni rémunération inéquitable. Patrick Willemen croit que c’est la seule bonne manière de collaborer, y compris à l’égard des patients, car ils sont toujours assurés de recevoir les meilleurs soins.

Vue d’ensemble

Enfin, le docteur Willemen insiste une fois encore sur l’importance de discuter de tout au sein de l’association et de se faire accompagner par un conseiller externe en vue de l’établissement du contrat. L’avantage supplémentaire offert par ce type d’expert est qu’en plus d’être conseiller, il peut également jouer un rôle de médiateur entre les différentes personnalités au sein de l’association. Le regard objectif d’une personne extérieure est précieux.

vendredi 18 mai 2018