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Lettre de candidature à mon père

À l’heure actuelle, reprendre l’entreprise familiale n'est plus toujours une évidence. Les enfants souhaitent choisir eux-mêmes leur voie. Il n’en a pas été autrement pour Tim et Gerd Van Poucke. Et pourtant...
Avoir au-dessus de moi toute une série de personnes qui prennent les décisions, cela ne me convenait pas vraiment.

« Mon frère travaillait déjà dans l’entreprise familiale. Quant à moi, je souhaitais faire quelque chose de totalement différent, et c'est ce que j’ai fait. Mais après avoir travaillé pendant un an en tant qu’assistant marketing chez Sunparks, j’avais fait le tour de la question. J’ai très vite compris que de nombreuses personnes au-dessus de moi prenaient les décisions, et cela ne me convenait pas trop (rire). L’esprit d’entreprendre coulait donc malgré tout dans mes veines. Mais je ne voulais pas aller voir mon père et lui ‘demander’ simplement un travail. Je lui ai donc envoyé une lettre de candidature ».

Gerd, le frère de Tim, ne se voyait pas non plus prendre cette direction quand il était petit : « Nous étions deux enfants autonomes, dans le sens où nous devions beaucoup nous débrouiller et nous organiser seuls, mais je n’ai jamais imaginé devenir entrepreneur. Pendant les vacances d’été, je travaillais pour mon père. C’était pratique à l’époque... Mais ce n’est qu'une fois mon diplôme d'ingénieur commercial en poche que j’ai rejoint l’entreprise ».

Au décès de nos parents, nous avons dû reprendre les rênes d’Huktra.

« Lorsque Tim a postulé en 2001, cela faisait déjà 6 ans que je travaillais chez Huktra. Trois ans plus tard, nous avons connu une terrible tragédie. En 2004, l’avion de sport de notre père s'est écrasé à flanc de colline près de Dijon, et mes parents ont perdu tous deux la vie dans cet accident. Notre chagrin fut immense, mais très vite, nous nous sommes aussi retrouvés face à un choix : allions-nous reprendre ou non ensemble la direction de l’entreprise familiale ? La réponse fut ‘oui’. Et pour nous, Flamands occidentaux, cela signifiait tout simplement que nous devions aller de l’avant.

Douze ans après avoir perdu leurs parents et repris les rênes de l’entreprise, les deux frères apprécient toujours autant ce qu'ils font. J'estime qu'un entrepreneur se doit d’être positif. Cet esprit positif, nous le communiquons à nos collaborateurs ».

Gerd et Tim ont des enfants, une question logique se pose donc : prendront-ils la relève ? « Nous leur laisserons le choix », affirme Gerd. « Nous avons réfléchi à la question l’an dernier, car en tant qu’entrepreneurs, nous devons anticiper, mais nous ne leur imposerons rien. Si cela les intéresse, tant mieux. Sinon, cela ne posera aucun problème. Bien sûr, les enfants sont parfois ici avec nous. Ils adorent monter à bord des machines. Mais cela ne signifie rien pour l’instant ». Tim rejoint son frère : « Les temps ont changé pour les entreprises familiales. Autrefois, les enfants prenaient automatiquement la relève, mais le monde actuel est tellement plus vaste qu’avant. Les possibilités se sont donc multipliées ».

Ann De Craemer (tikgoud.be) a dressé le portrait de 9 entrepreneurs dont le parcours ne manquera pas de vous inspirer. Nous les avons regroupés dans un livre intitulé ‘Levenswerk’ (Le travail d’une vie).

 

vendredi 27 octobre 2017