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Situation macro-économique : Les Bourses font un pas en arrière

Février 2018. L’encre de notre article du mois dernier n’était pas encore sèche que la correction tant attendue s’amorçait enfin, mettant un terme à l’une des envolées boursières – sans recul significatif – les plus longues de l’histoire.

Le rapport sur l’emploi américain de début février a mis le feu aux poudres. Plus élevée que prévu, la hausse salariale a renforcé la probabilité de nouveaux relèvements des taux et fait chuter considérablement les marchés boursiers.

Marché des actions : la volatilité fait son grand retour

Le « VIX » – l’indice de volatilité américain – s’est rappelé au bon souvenir des investisseurs. Le retour tant attendu de la volatilité a donc causé de sérieux dégâts sur les marchés des actions, la plupart des indices reculant de 10 % par rapport à leurs niveaux de janvier. 

La situation macro-économique reste favorable.

La correction boursière, aussi importante fût-elle, n’a cependant pas mis à mal la bonne situation macro-économique, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Wall Street avait toutefois une réputation à défendre. Ces dernières années, plusieurs sociétés de bourse ont allègrement profité de ce calme sans précédent et lancé différentes « inverse VIX notes ». Plus la volatilité est faible sur les marchés, plus leur rendement est élevé. Il n’est donc pas surprenant que la plupart de ces actifs aient dû être liquidés à la suite des lourdes pertes subies au début de ce mois.

Si l’on tient compte de l’évolution annuelle, les pots cassés sur les marchés boursiers restent cependant assez limités. Les indices américains ont même encore clôturé le mois de février dans le vert. Comme souvent lors de corrections, les marchés asiatiques et émergents ont un peu plus souffert.

Ralentissement de la hausse des taux

Bon nombre d’investisseurs ont préféré se mettre à l’abri avant la correction boursière. Par ailleurs, le récent relèvement des taux en janvier a rendu les achats plus intéressants qu’ils ne l’étaient fin décembre 2017, ce qui a atténué la hausse des taux en Europe.

Les taux à dix ans tant allemand que belge ont chuté de quatre points de base. Le taux belge à long terme continue donc de flirter avec le pour cent, mais refuse de franchir ce seuil pour de bon.

Aux États-Unis, la hausse salariale plus élevée que prévu a entraîné une révision à la hausse des prévisions d’inflation et a propulsé le taux à dix ans en direction des 3 %.

Le chiffre définitif de l’inflation de janvier dans la zone euro est passé de 1,4 % à 1,3 %.

Pour l’instant, les taux européens suivent donc encore la hausse américaine à distance, principalement sous l’effet de la faiblesse persistante de l’inflation. Le chiffre définitif de l’inflation de janvier dans la zone euro est passé de 1,4 % à 1,3 %.

La BCE dans les temps

Comme nous l’avions annoncé le mois dernier, la Banque centrale européenne semble progressivement changer de cap. Malgré une inflation inférieure aux prévisions, les bonnes performances économiques semblent inciter la BCE à envisager quand même de mettre fin à son programme d’achat en septembre prochain. 

Un premier relèvement des taux à la mi-2019 devient plausible.

Lors de la réunion de la BCE, une phrase importante a donc été supprimée du communiqué de presse, à savoir la promesse d’intensifier encore le programme d’achat si cela s’avérait nécessaire. Dans cette optique, un premier relèvement des taux à la mi-2019 devient plausible. Nous commençons donc à apercevoir la lumière au bout du tunnel.

Powell in

Jerome Powell a donné sa première audition publique et rendu compte de la politique menée par la FED devant une commission de la Chambre des représentants. La séance de questions-réponses qui a suivi a passionné les marchés. 

La première audition de Jerome Powell n’est certainement pas passée inaperçue.

Powell a dressé un tableau tellement optimiste de l’économie américaine que de plus en plus d’analystes commencent aujourd’hui à tabler sur quelque quatre relèvements de taux au lieu des trois annoncés précédemment. En donnant sa vision personnelle, Powell n’a donc pas hésité à prendre des risques, ce que Yellen, sa prédécesseur, n’avait jamais fait ouvertement. Son intervention n’est donc certainement pas passée inaperçue.


Cohn out

Le partisan du libre-échange Gary Cohn (ex-numéro deux de la banque Goldman Sachs) n’a pas eu d’autre choix que de démissionner après l’annonce des taxes à l’importation sur l’acier et l’aluminium. Un contrepoids important dans un gouvernement aux tendances très nationalistes quitte ainsi le devant de la scène.

L’année dernière encore, c’était essentiellement Cohn qui était parvenu à convaincre le président Trump de renégocier l’ALENA, l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique au lieu d’en sortir.

Ciao Renzi

Bien que les marchés financiers ne s’en soucient pas encore pour l’instant, l’ancien premier ministre Renzi et son parti démocratique ont essuyé une cuisante défaite aux élections, dont les eurosceptiques, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, sont sortis grands vainqueurs.

Le sud de l’Italie en particulier s’est exprimé massivement en faveur du parti de l’ancien comique Beppe Grillo. Au nord, la Ligue s’est imposée face à Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi.

Le spread entre les obligations italiennes à dix ans et le Bund à dix ans a augmenté d’une dizaine de points de base juste après les résultats, avant de se stabiliser à nouveau dans les jours qui ont suivi. 

Tout comme en Allemagne, la formation du gouvernement ne sera pas une sinécure. Rien de neuf toutefois pour l’Italie : au cours des 71 années d’histoire de la république, le pays a connu non moins de 64 gouvernements. Il n’est donc pas rare d’entendre les Italiens faire observer en plaisantant que le pays tourne mieux sans gouvernement.

L’Italexit sur le tapis ?

Les vainqueurs des élections ont beau être eurosceptiques, les deux partis n’en ont pas moins déjà fortement atténué leurs positions radicales à l’approche des élections. Le Mouvement 5 étoiles a renoncé à un référendum sur l’éventuel maintien de l’euro et la Ligue est revenue sur son appel à abandonner la monnaie unique. Les Italiens ont donc surtout voté contre l’ordre établi plutôt que contre l’Europe. La situation s’apparente donc à celle des dernières élections en France et aux Pays-Bas. D’où la réaction très modérée du marché. 

Il est nécessaire de continuer à suivre de près les évolutions à long terme en Italie.

 

Une sortie de l’Union n’est donc manifestement pas à l’ordre du jour.

Il n’en reste pas moins que la croissance italienne reste à la traîne. Des réformes supplémentaires restent donc vitales pour accélérer la croissance potentielle et améliorer la compétitivité du pays. Cette hausse structurelle de la croissance est également indispensable pour continuer de soutenir le désendettement. Il est cependant peu probable qu’un gouvernement instable applique les réformes nécessaires. Il est donc nécessaire de continuer à suivre de près les évolutions à long terme en Italie.

 

 

Conclusions pour vos placements

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique,    conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une approche à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le   respect de la stratégie choisie. À cet égard, vous devez savoir que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • Le maître mot est la diversification : durées, classes d’actifs et gestionnaires.

 

Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien. 

 

lundi 12 mars 2018