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Situation macro-économique : Les Bourses poursuivent leur remontée

Février 2019. Le scénario contre lequel la plupart des analystes nous mettaient en garde depuis un certain temps est ce mois-ci devenu réalité.

La croissance de la zone euro reste sous pression, et la Commission européenne (CE) a donc à nouveau revu à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année. Résultat : le chiffre initial de 1,9 % a été ramené à 1,3 %. C’est dans ce contexte plutôt sombre que l’Italie s’est démarquée, au mauvais sens du terme hélas. La CE a en effet estimé qu’en 2019, la croissance du pays serait pratiquement nulle (la ramenant de 1,2 % à 0,2 %). L’avenir n’augure rien de bon non plus du côté de l’Allemagne et des Pays-Bas, puisque les prévisions de croissance ont été réduites de plus de 0,5 %.

Les marchés des taux d’intérêt ont donc réagi à l’avenant, les taux belge et allemand à 10 ans perdant à nouveau quelques points de pourcentage par rapport au mois passé. Les investisseurs en obligations semblent donc envisager l’avenir avec un peu plus de pessimisme. Les marchés boursiers ont en revanche continué à reprendre du poil de la bête et sont parvenus ce mois-ci à poursuivre le mouvement de reprise entamé en janvier. La majeure partie des indices ont ainsi enregistré une progression de 3 % ou plus. Reste à savoir qui est en fin de compte dans le bon...

Le Bureau du Plan chiffre le déficit budgétaire belge

Début 2018, le déficit budgétaire belge s’élevait à 0,8 % du PIB, soit le niveau le plus faible enregistré depuis 2007. Une forte augmentation des versements anticipés d’impôts par les entreprises et les indépendants était la principale raison à l’origine de ce bon exercice budgétaire. Vu la nature temporaire de ce facteur, le déficit augmentera à nouveau en 2019 – à politique égale bien sûr. La Banque nationale (NBB) estime que ce déficit atteindra cette année 1,6 % du PIB et continuera à se creuser pour atteindre les 2,0 % en 2021.

Les véritables assainissements ont été plutôt limités sous la précédente législature. La réduction du déficit budgétaire entre 2014 et 2018 (de 3,1 % à 0,8 % du PIB) était en effet principalement due à une baisse des charges d’intérêts (1,0 %), à une conjoncture favorable et à quelques interventions non récurrentes (0,6 %). Le Bureau du Plan estime donc que seuls des efforts d’assainissement constants permettront à la Belgique de continuer à réduire sa dette publique.

Le gouvernement ayant chuté, le budget 2019 n’a pas pu être approuvé et un budget d’urgence – les fameux « douzièmes provisoires » – a donc été dégagé. En 2019, les pouvoirs publics peuvent par conséquent dépenser chaque mois un douzième du budget de 2018. Résultat : il y a de fortes chances que les finances publiques ne puissent pas continuer à s’assainir cette année. D’autres facteurs suscitent également des inquiétudes concernant l’évolution du solde budgétaire. Comme indiqué ci-dessus, la croissance économique perdra de la vitesse, et il est improbable que les taux se maintiennent éternellement aux niveaux historiquement bas que l’on connaît actuellement. Bien que des réformes devraient réduire les coûts liés au vieillissement de la population, ceux-ci pèseront également sur les finances.

Le niveau de la dette a diminué ces dernières années, passant d’un pic de 107,6 % du PIB en 2014 à 102,3 % en 2018. Pour pouvoir continuer à réduire la dette à un rythme suffisamment soutenu, il faudra, outre des efforts d’assainissement constants, également renforcer le potentiel de croissance de l’économie belge. Des réformes supplémentaires (sur le marché du travail entre autres) et de nouveaux investissements (dans l’infrastructure notamment) seront donc encore nécessaires au cours des prochaines années. L’impact d’une normalisation des taux sur les finances doit néanmoins être nuancé : compte tenu du niveau toujours élevé de la dette, une hausse des taux finira certes par entraîner avec le temps une augmentation des charges d’intérêts, mais cette augmentation ne se fera toutefois ressentir que progressivement étant donné l’échéance moyenne élevée de la dette (9,71 ans).

 

De l’ambiguïté du côté de la Fed

Après la décision des 29 et 30 janvier concernant les taux, les observateurs attendaient avec impatience le compte rendu de la Réserve fédérale (Fed). Vu le changement de cap opéré lors de la réunion précédente, celui-ci n’a inspiré confiance à personne. Il y en avait en effet pour tous les goûts : d’après ce document, la Fed ne semble pas exclure un nouveau relèvement des taux plus tard dans l’année, tandis que l’idée de mettre un terme à la réduction du bilan a clairement été mise sur la table.

La date et les conditions de cette hausse de taux restent cependant vagues, ce qui permet à la Fed de conserver sa flexibilité. Il faudra donc attendre la prochaine réunion de mars pour obtenir davantage de clarté, lorsque les nouvelles prévisions seront communiquées.

Il faudra attendre la prochaine réunion de la Fed pour obtenir davantage de clarté.

Les discussions entre les États-Unis et la Chine ont l’air d’avancer...

Ces dernières semaines, les États-Unis et la Chine ont mené des négociations intensives afin de régler une fois pour toutes le conflit commercial qui les oppose. Bien que les deux plus grandes puissances commerciales au monde ne soient pas encore parvenues à trouver un terrain d’entente, elles semblent cependant être sur la bonne voie.

Il y a deux semaines, les intéressés avaient immédiatement fixé une nouvelle date à l’issue de « négociations productives » à Pékin. La deuxième vague s’est donc tenue la semaine dernière à Washington et devait se conclure le vendredi par une rencontre entre le président Donald Trump et le vice-Premier ministre chinois Liu He... qui ont finalement passé tout le week-end ensemble. Cette bonne entente a, selon le président américain, permis de réaliser des « progrès substantiels » concernant une série de points litigieux, comme la devise chinoise, les transferts de technologies, la protection de la propriété intellectuelle et l’agriculture. Trump a dès lors décidé de postposer l’augmentation des droits d’importation (de 10 % à 25 %) sur 200 milliards de dollars de produits chinois, laquelle devait normalement entrer en vigueur le 1er mars. Il a promis de rencontrer son homologue chinois Xi Jinping – peut-être déjà à la fin du mois – si les négociations continuaient à évoluer dans le bon sens. Trump avait déjà fait un « geste » semblable l’an passé et évité ainsi la hausse des droits d’importation en question, qui devait à la base produire ses effets début 2019.

… mais celles avec l’Europe semblent bien plus pénibles

Tout cela laisse entendre que les efforts menés afin d’apaiser les tensions et de restaurer les relations entre les États-Unis et la Chine ont déjà amplement porté leurs fruits. Les discussions commerciales entre le Vieux Continent et le Nouveau sont en revanche loin d’avancer aussi bien. Les deux parties négocient encore et toujours au sujet des premiers points de discorde (liés aux exportations de voitures européennes vers les États-Unis). Cette situation, tout comme la faiblesse constante des chiffres européens, est l’une des principales raisons à l’origine des performances peu convaincantes de l’euro ces derniers temps.

Brexit : l’échéance approche

L’impasse complète dans laquelle se trouve le Brexit continue également à peser sur l’euro. Ces derniers jours, la Première ministre britannique Theresa May a clairement fait comprendre qu’aucun progrès n’avait été réalisé au sujet du filet de sécurité irlandais. Elle n’a donc pas présenté de nouvel accord sur le Brexit, mais a demandé à ce qu’un nouveau « meaningful vote » soit reporté au 12 mars. En programmant ce vote à peine 17 jours avant la sortie effective du Royaume-Uni, elle entend ainsi maintenir la pression sur ses collègues européens. Une telle démarche risque cependant aussi de lui attirer les foudres du Parlement britannique. Il se peut donc que ce dernier exige d’organiser un scrutin au sujet d’un report de l’échéance du 29 mars. Du côté de l’Europe, des rumeurs laissent néanmoins entendre qu’un tel report n’aurait de sens qu’à condition d’être suffisamment long (entendez 2021). Depuis le référendum de 2016, le Brexit ressemble fortement à une décision délicate que personne n’ose vraiment prendre. Un constat que les dernières évolutions semblent confirmer de plus en plus...

La Banque d’Angleterre aperçoit déjà la lumière au bout du tunnel

Ce mois-ci, la Banque d’Angleterre a apporté des précisions concernant ses attentes envers l’économie britannique et l’incidence que cela aura sur sa politique. Elle ne pouvait naturellement pas ignorer le nœud gordien du Brexit. La détérioration du contexte international et les incertitudes persistantes au sujet de la sortie du Royaume-Uni de l’UE ont forcé Carney & Co à revoir à la baisse leurs perspectives de croissance. La BoE table donc sur une croissance de 1,2 % (contre 1,7 % en novembre) pour 2019 et de 1,5 % (contre 1,7 %) pour 2020.

On notera en revanche que la BoE a relevé ses prévisions pour 2021 de 1,7 % à 1,9 % ! La banque centrale admet que le Brexit provoque à court terme une plus grande incertitude économique que de coutume. Elle reste aussi d’avis que, si une sortie chaotique est évitée, la croissance britannique pourra repartir à la hausse plus tard dans l’année et qu’elle se poursuivra alors probablement par la suite. Une fois la période d’incertitude liée au Brexit terminée, l’économie disposerait alors d’une certaine marge pour opérer un mouvement de rattrapage. La BoE table par conséquent toujours sur un redressement des taux, même si celui-ci devrait rester très limité et très progressif.

À l’époque du référendum de 2016, Carney & Co avaient été fortement critiqués par le monde politique pour s’être montrés trop négatifs par rapport aux conséquences potentielles du Brexit sur l’économie britannique. Ce ne sera certainement plus le cas cette fois-ci.

 

mercredi 6 mars 2019