test

Situation macro-économique : Un démarrage sur les chapeaux de roue

Janvier 2018. Les observateurs auront une nouvelle fois constaté à quel point les choses peuvent évoluer rapidement sur les marchés financiers. Les marchés des actions ont connu l’un des meilleurs départs en trente ans et les marchés des taux ont également été en pleine effervescence.

Marchés des actions : une pause boursière semble logique

Les indices européens ont bondi de 3 % et, comme l’année dernière, les indices américains ont (en termes de dollars) apporté de l’eau au moulin. La volatilité était aux abonnés absents. Qui plus est, jamais le S&P500 n’avait connu une période si longue sans correction de 5 % depuis 1929. Même constat au niveau mondial, puisque le MSCI World a lui aussi enregistré une période record sans correction – même s’il est vrai que les chiffres disponibles ne remontent « pas plus loin » que 1971.

Nous ne voulons toutefois pas nous avancer en annonçant un marché baissier. Les signaux macroéconomiques positifs sont en effet trop nombreux. En 2017, la croissance européenne était de 2,5 %, soit un niveau plus élevé que les 2,3 % atteints par les États-Unis (sur une base annuelle). Nous observons également pour la première fois depuis longtemps des prévisions de bénéfices plus optimistes du côté des entreprises, et les indices de confiance des entreprises et des ménages continuent à battre des records. Une pause boursière semble toutefois logique. Un homme averti en vaut deux.

 

 

De manière globale, les taux restent bas, mais toute hausse fait pression sur la prime de risque que les actions offrent encore pour le moment.

Les marchés des taux passent des niveaux techniques

Le taux allemand à 5 ans a grimpé au-dessus de 0 % et le taux swap à 10 ans a sauté la barre du pour cent. Des niveaux techniques importants qui devaient inévitablement être franchis. Le taux belge à 10 ans flirte quant à lui avec la limite du pour cent, sans parvenir toutefois à le dépasser pour de bon. Les chiffres de croissance relativement solides tant en Europe qu’aux États-Unis génèrent des prévisions d'inflation suffisantes pour faire grimper les taux. Les investisseurs européens partent par ailleurs du principe que ces excellents résultats mettront fin plus rapidement que prévu au programme d’achats d’actifs que mène actuellement la FED. De manière globale, les taux restent bas, mais toute hausse fait pression sur la prime de risque que les actions offrent encore pour le moment.

D’autres possibilités s’ouvrent dès lors progressivement aux investisseurs dans leur quête de rendement. Une raison de plus de tenir à l’œil les marchés des actions.

 

ECB maakt voorzichtige bocht

La solidité de l’euro commence visiblement à préoccuper Mario Draghi. Alors que la paire EUR/USD évoluait en direction des 1,23, le ministre américain des Finances Steven Mnuchin a trouvé bon de de jeter de l’huile sur le feu en déclarant à Davos que la faiblesse du dollar jouait en faveur du commerce américain. Ces propos ne sont toutefois pas conformes à ce qui avait été convenu lors de la concertation au sein du FMI sur la communication relative aux taux de change. Après un coup de bec cordial à l’attention de Steven Mnuchin, Mario Draghi a répliqué en affirmant que la récente volatilité (entendez la hausse) de l’euro était une source de préoccupation qui devait faire l’objet d’un suivi attentif. En vain... Le président de la BCE avait à peine eu le temps de terminer sa phrase que la paire EUR/USD passait à plus de 1,25.

Mario Draghi semble aussi revoir progressivement la trajectoire de sa politique. Il a tout d’abord reconnu que l’économie européenne se portait mieux que prévu. Une politique monétaire ultrasouple est de moins en moins nécessaire pour la croissance. Mario Draghi a également donné une réponse inattendue lorsque la presse a souhaité savoir s’il partageait la vision de Jens Weidmann, président de la Banque fédérale d’Allemagne, qui a prétendu que le taux pourrait augmenter mi-2019. Selon Mario Draghi, tout dépend des données économiques, mais celles-ci montrent actuellement que les choses vont dans cette direction. Autrement dit, si l’économie ne change pas de cap, il est très probable qu’il soit mis fin au programme de rachats d’actifs en septembre et que le taux soit revu à la hausse mi-2019.


Une tâche ardue attend Jerome Powell

La Réserve fédérale des États-Unis (FED) a maintenu en janvier ses taux directeurs dans la fourchette 1,25 %-1,50 %. Cette réunion était par ailleurs la dernière à laquelle Janet Yellen assistait en sa qualité de directrice de la plus puissante banque centrale au monde. Elle est arrivée à la tête de la FED lorsque le programme d’achats d’actifs de Ben Bernanke allait encore bon train. La FED renverse désormais la vapeur en réduisant progressivement ce programme et en augmentant les taux pour la première fois depuis 2007. Au cours du mandat de Janet Yellen, l’économie américaine a évolué vers une situation de quasi-plein emploi et l’inflation a frisé 2 %. La directrice a également orchestré l’introduction de la loi Dodd-Frank, soumettant ainsi le secteur financier à une régulation plus stricte. Pour Jerome Powell, qui prend sa succession, la tâche sera ardue.

Le dernier communiqué de Janet Jellen a toutefois réservé son lot de surprises. Ainsi, selon la FED, la consommation n’est plus le principal moteur de l’expansion économique. Les investissements des entreprises sont désormais tout aussi importants. Par ailleurs, les décideurs semblent désormais convaincus que l’inflation continuera à augmenter cette année. En décembre, tout semblait encore indiquer que l’inflation stagnerait juste en dessous de 2 %. Comme cadeau de départ, Janet Yellen a mis cette année sur la table un programme de pas moins de quatre augmentations de taux ! Le taux américain à 10 ans a d’ores et déjà atteint 2,70 %, une évolution à laquelle l’approbation de réformes fiscales et un excellent rapport sur l’emploi n’ont pas été étrangers.

 

America first à Davos

Mi-janvier, les États-Unis ont procédé à des prélèvements (légaux) sur l’importation de machines à laver et de cellules photovoltaïques, ce qui, à première vue, ne semble poser aucun problème. Les États-Unis ont toutefois dépêché tous leurs grands pontes à Davos pour débiter à la presse de nombreux commentaires en faveur du protectionnisme. Comme mentionné plus haut, le ministre des Finances Steven Mnuchin a fait l’apologie de la faiblesse du dollar. Le secrétaire du commerce des États-Unis, Wilbur Ross, a surenchéri en annonçant que davantage de mesures seraient prises afin de protéger les exportateurs américains.

Ni le commerce de l’aluminium ni la législation relative aux droits de propriété intellectuelle (deux points sensibles pour la Chine) n’ont encore été évoqués dans le discours « America first », mais ils pourraient devenir des thèmes récurrents pour les marchés cette année.

Des résultats à nouveau meilleurs que prévu en Chine


Ce pays est traditionnellement un des premiers États à publier ses chiffres de croissance. La deuxième économie mondiale connaît d’ores et déjà ses performances du quatrième trimestre. Un modèle d’efficacité ! Affichant une croissance de 6,9 %, l’économie chinoise dépasse toutes les attentes, y compris les siennes (+6,5 %).

La dépendance au crédit reste toutefois problématique. Ces dernières années, la croissance rapide des crédits a fait froncer pas mal de sourcils et incité tant Moody’s que S&P a revoir à la baisse leur notation financière. Les autorités chinoises affirment toutefois que les choses s’améliorent également à ce niveau. Le taux d’endettement augmente, mais bien moins rapidement qu’au cours des dernières années.

L’exportation vers les États-Unis constitue un autre point sensible (sur le plan politique). Pour la Chine, les États-Unis restent le principal marché d’exportation, ce qui entraîne un important excédent commercial pour l’empire du Milieu, et ce, malgré le fait que le yuan se soit à nouveau fortement apprécié l’année dernière par rapport au dollar.

 

Conclusions pour vos placements

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique,    conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une approche à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le   respect de la stratégie choisie. À cet égard, vous devez savoir que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • Le maître mot est la diversification : durées, classes d’actifs et gestionnaires.

Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien. 

mercredi 7 février 2018