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Situation macro-économique: Le calme après la tempête

Janvier 2019. La période des fêtes étant terminée, les investisseurs ont démarré l’année avec la rationalité de circonstance.

Confortés par les propos conciliants échangés dans le conflit commercial sino-américain et par les premiers résultats d’exploitation. Ces derniers ne sont certes pas extraordinaires, mais ils ne sont assurément pas aussi catastrophiques que certains analystes l’avaient prédit. Il n’en fallait pas davantage pour que les bourses d’actions amorcent une remontée et pour que pratiquement tous les indices passent au vert.

Pourtant, la crainte accrue d’une récession est toujours bien présente — surtout en Europe. L’Allemagne, surtout, pourtant moteur de l’économie européenne, a affiché des chiffres décevants ces derniers mois. En conséquence, les taux européens ont nettement moins rebondi après la crise de panique du mois dernier. Pire encore, le Bund allemand à 10 ans clôture le mois à un niveau inférieur à celui de fin décembre : sous la barre des 0,20 %.Le taux à long terme belge a également suivi cette tendance (en différé) et clôturé le mois sous les 65 points de base.   

 

Crainte d’une récession en Allemagne

La production industrielle allemande a de nouveau été lourdement touchée. Après une première déception en octobre (-0,8 % sur base mensuelle), elle a enchaîné sur un nouveau recul de -1,9 % sur base mensuelle. Sur base annuelle, le recul est de -4,7 %, soit la plus forte baisse depuis 2009.

 

La baisse de la demande est en partie à l’origine des mauvais résultats.

 

Cette baisse n’est pas seulement imputable aux problèmes dans l’industrie automobile (les voitures allemandes ont en effet dû être adaptées aux nouvelles normes plus strictes d’émission de CO2, ce qui ne s’est clairement pas fait sans heurts).  

Elle a également touché tous les produits industriels, des biens d’équipement (-1,8 %) aux biens de consommation (-4,1 %) en passant par les biens intermédiaires (-1 %). « La baisse de la demande est donc à l’origine des mauvais résultats. » Les risques d’une récession (technique) ont de ce fait augmenté. Les chiffres commerciaux (chiffres de l’exportation) des prochains mois sont dès lors attendus avec impatience.

Le pire scénario envisagé à l’heure actuelle par la plupart des analystes est celui d’une récession potentiellement très faible (deux baisses de croissance limitées sur base trimestrielle). Les carnets de commandes des entreprises allemandes restent malgré tout bien remplis et les CFO allemands s’engagent à rester proches de leurs objectifs de production à fin 2019.

Le recul de la production industrielle allemande n’en reste pas moins un signe inquiétant. La probabilité d’une croissance économique décevante tant en Allemagne qu’en Europe pour le quatrième trimestre 2018 (le chiffre final ne sera communiqué que début mars 2019) est particulièrement élevée.

La BCE reste attentiste

La Banque centrale européenne (BCE) devra donc plus que probablement revoir ses perspectives de croissance pour 2019 à la baisse. Pour l’instant, la BCE table toujours sur une croissance de 1,9 %. Son Président, Mario Draghi, l’a formulé dans le langage codé, désormais bien connu, de la BCE : « the risks have moved to the downside ».

La réunion de la BCE de janvier n’a pour le reste livré aucune information importante. Les taux restent momentanément inchangés et aucune décision n’a encore été prise quant au possible lancement de nouvelles « targeted long term refinancing operations », en abrégé TLTRO, bien qu’il en ait été question. Pour l’heure donc pas de nouvelle possibilité pour les banques d’emprunter de l’argent à court terme auprès de la BCE à des conditions intéressantes. L’idée de lancer une vague de nouveaux TLTRO anime les économistes depuis déjà un certain temps. Les TLTRO devraient faire en sorte que la politique monétaire reste suffisamment souple si la BCE commence à relever son taux directeur.

Ce n’est certes pas une période facile pour la BCE. De très nombreux facteurs d’incertitude subsistent et il faudra attendre au moins jusqu’en juin pour que le calme revienne et que nous puissions donc attendre davantage d’action de la part de Draghi et de son équipe.

Les TLTRO devraient faire en sorte que la politique monétaire reste suffisamment souple si la BCE relève son taux directeur.

 

Shutdown ne sera pas sans conséquence 

Les membres de la Federal Reserve (Fed) seront eux aussi confrontés à des décisions difficiles au cours des prochains moins. Prédire les conséquences économiques du shutdown partiel de l’administration américaine relève plus que jamais de la divination.

Dans un premier temps, le marché est parti du principe que l’impact serait temporaire et limité. Depuis, les analystes revoient leurs perspectives de croissance de l’économie américaine pour le premier trimestre à la baisse. Une estimation grossière indique que le shutdown aurait coûté 6 mia USD à l’économie américaine.

En plus des conséquences difficiles à estimer pour l’économie se pose un problème statistique. De nombreuses données américaines ne sont en effet plus publiées parce que les services concernés ont été fermés. Même avec la réouverture temporaire, les données resteront difficiles à interpréter pendant encore plusieurs mois. Il y a ainsi de fortes chances que les payrolls du début du mois prochain plongent :

  • Dans quelle mesure cette situation est-elle une conséquence temporaire du shutdown ?
  • Le retard pourra-t-il être résorbé ?
  • Comment réagissent les secteurs qui fournissent l’administration ?
  • Comment réagit la Fed qui, sous son nouveau président Jerome Powell, allait devenir plus data dependent ?

 

La Fed n’a pas attendu pour réagir. Elle a changé son fusil d’épaule et a décidé de rester en retrait et d’attendre que la situation s’améliore. Si tout se passe bien, la Fed refera peut-être parler d’elle plus tard dans l’année. Il n’est donc plus question de procéder à deux hausses des taux. Si la situation économique est défavorable, la Fed pourrait même revoir les taux à la baisse. La patience est le nouveau mot d’ordre de Powell.

Brexit of Brextinct ?

Les négociations concernant le Brexit sont à nouveau dans l’impasse. Il reste encore neuf semaines pour trouver une solution. Un hard Brexit, un soft Brexit, un « no-deal » Brexit, de nouvelles élections, un nouveau référendum ou tout simplement pas de Brexit. Tous les scénarios restent possibles. La Première ministre Theresa May campe quant à elle sur ses positions et ne voit que deux possibilités : soit le Parlement est d’accord avec sa proposition (ou quelque chose qui s’en approche), soit le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord.

 

 

Coup d’envoi de la saison des résultats

La saison des résultats démarre tout doucement. Fidèles à la tradition, plusieurs grandes banques américaines ont ouvert le bal. Avec une croissance de leur chiffre d’affaires de 2 % et une croissance de leurs bénéfices de près de 16 %, elles ont terminé l’année quelque peu en deçà des prévisions.

Il y a quelques semaines encore, les prévisions faisaient état d’une croissance relativement forte du chiffre d’affaires et des bénéfices.  Pour l’Europe, les analystes prévoyaient une croissance des bénéfices de plus de 10 %, tandis que pour les États-Unis, une croissance des bénéfices proche des 20 % par rapport à l’année précédente était envisagée.

Ces prévisions ont depuis été revues à la baisse, surtout pour l’Europe. Les analystes tiennent compte des moins bons résultats économiques et des plus faibles perspectives de croissance et placent à présent la barre moins haut. Pour l’Europe, la croissance des bénéfices attendue n’est plus que de 3 à 5 % à peine et devrait venir pour l’essentiel du secteur de l’énergie et des entreprises d’utilité publique.

Pour les États-Unis, les révisions à la baisse sont plus limitées. Les entreprises américaines profitent en effet toujours de la baisse des impôts du Président Trump, mais affichent également une croissance économique intérieure plus forte et sont (pour l’instant ?) moins sensibles aux conséquences de la guerre commerciale. La « barre » américaine est actuellement placée à 13 % pour le S&P 500.

Les prévisions ont été revues à la baisse, surtout pour l’Europe.

 

La croissance chinoise s'essouffle

Comme toujours, la Chine est prompte à publier les chiffres de croissance de l’année écoulée. Pour 2018, la croissance annuelle totale devrait atteindre les 6,6 %. Le quatrième trimestre s’est caractérisé par une croissance de 6,4 % sur base annuelle. Une croissance certes honorable, mais la plus faible croissance depuis 1990.

 

L’endettement élevé et le conflit commercial avec les États-Unis signent un refroidissement de l’économie chinoise. »

 

L’économie chinoise montre donc des signes de refroidissement. L’endettement élevé que les autorités chinoises tentent d’endiguer et le conflit commercial en cours avec les États-Unis sont les principaux freins de la croissance.

Pour contrer le retard, Pékin a annoncé plusieurs mesures, parmi lesquelles l’abaissement de l’obligation faite aux banques de constituer des réserves, les réductions d’impôts tant pour les particuliers que pour les entreprises, sans oublier la célèbre recette à succès chinoise : les grands travaux d’infrastructure.

 

La croissance chinoise année après année

La croissance chinoise année après année

 

 

Conclusions pour vos placements
  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une vision à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. Gardez toutefois à l’esprit que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • La diversification est donc de mise, tant en termes de durées, de classes d’actifs et de gestionnaires.
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.

Plus d’infos : Steven.Snoeckx@banquevanbreda.be, responsable placements

vendredi 1 février 2019