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Les marchés sont en vacances

Juillet 2018. Nous avons de toute évidence été gâtés le mois passé.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, à la surprise générale, la fin du programme de rachats quantitatifs (QE) et la Réserve fédérale (Fed) a relevé ses taux directeurs. Des événements importants qui, dans l’ensemble, ont été bien digérés par les marchés financiers. En juillet, nous sommes donc tombés dans une sorte de trou noir. Des événements politiques ont surpris les investisseurs, mais il n’y a pas eu de grands mouvements sur les marchés. Ceux-ci sont clairement en vacances.

Dolce farniente

La conférence de presse de la BCE aura été une des plus courtes de tous les temps. On peut même parler d’un non-événement. La banque centrale ne modifie en effet pas sa politique. Tous les taux directeurs restent inchangés, tout comme l’intention de mettre progressivement fin au programme de rachat à partir de septembre. Les perspectives en matière d’inflation et de croissance n’ont pas non plus évolué.

Mario Draghi a toutefois apporté des précisions sur le timing possible du premier relèvement des taux. Dans les textes en anglais de la BCE, il est en effet stipulé que les taux d’intérêt ne changeront pas « through the summer of 2019 ». Les marchés considèrent dès lors septembre 2019 comme le mois le plus probable pour un relèvement des taux. La traduction française officielle utilise toutefois l’expression « jusqu’à l’été », ce qui laisse présumer une première hausse en juin de la même année. Mario Draghi a précisé qu’en cas de différences entre les différentes versions linguistiques, c’est le texte en anglais qui prévaut. Le président de la BCE a ensuite déclaré en avoir fini et, après quarante minutes à peine, la conférence de presse était terminée.

Comme Mario Draghi n’a pas voulu réagir aux spéculations concernant une éventuelle « Operation Twist », les journalistes sont restés sur leur faim. Plus tôt au cours de ce mois, l’agence de presse Reuters avait en effet annoncé que la BCE allait mettre sur pied une opération de ce type une fois son programme QE terminé. Elle suivrait ainsi l’exemple de la Réserve fédérale, qui, en 2011 et 2012, avait tenté d’influencer la pente de la courbe des taux en vendant des obligations à court terme et en utilisant les produits pour racheter des obligations à long terme.

Selon Reuters, la BCE entend ainsi consolider la croissance européenne et permettre tant aux entreprises qu’aux ménages de profiter plus longtemps de coûts de financement avantageux. La BCE ne veut en effet pas courir le risque que la partie long terme de la courbe des taux s’affole brusquement au moment de l’arrêt du programme QE.

La croissance européenne reste à la traîne

La Commission européenne a suivi les prévisions de croissance adaptées de la BCE et a abaissé ses prévisions de croissance pour cette année de 2,3 % à 2,1 %. Une première estimation officielle de la croissance au cours du deuxième trimestre semble confirmer ces pronostics. L’économie européenne devrait progresser de 0,3 % sur une base trimestrielle (0,4 % attendu).

Il s’agit du niveau de croissance le plus faible des deux dernières années. Parmi les pays concernés, ce sont surtout l’Espagne et la France qui déçoivent. La Belgique est également à la traîne, avec une croissance de 1,5 % au premier trimestre et de seulement 1,3 % au deuxième trimestre.

L’inflation est en revanche à nouveau plus élevée que prévu. Le niveau d’inflation général dans la zone euro a grimpé de 2,0 % à 2,1 % avec une inflation de base qui a suivi le même mouvement (de 1,0 % à 1,1 %). L’inflation belge a augmenté pour passer de 2,08 % en juin à 2,17 % en juillet.

Enfin, le taux de chômage européen du mois dernier a diminué de 8,4 % à 8,3 % et est ensuite resté inchangé au mois de juin.

L’Union européenne et le Japon signent un accord commercial

Le nouvel accord bilatéral n’est pas seulement une étape importante dans la libéralisation du commerce entre les partenaires, mais il envoie également un signal fort en direction des États-Unis. Ou comme l’a formulé le président Donald Tusk : « a light in the increasing darkness ».

Les négociations entre l’Union européenne et le Japon ont été entamées au cours de la période qui a suivi le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011. Le Japon s’est rendu compte qu’il avait besoin d’un incitant supplémentaire pour son économie en stagnation. Ce sont ses constructeurs automobiles et ses producteurs de composants automobiles et de pièces électroniques qui tirent le plus grand profit de l’accord.

Pour les producteurs européens aussi, la plupart des taxes à l’importation disparaîtront à terme, avec toutefois une période de transition pour les produits dits sensibles, tels que les denrées alimentaires, qui sont un sujet très délicat au Japon.

Cet accord a sans nul doute un grand potentiel sur le plan macro-économique. Le Japon est le sixième partenaire commercial de l’Europe et le marché compte plus de 125 millions de consommateurs. Avec une croissance modérée en Europe et des décennies de stagnation au Japon, tous les moyens de stimuler la croissance sont les bienvenus pour les deux parties. Intensifier le commerce permet aussi aux pays de se rapprocher et de contrer le protectionnisme américain.

Jerome Powell mise encore sur deux hausses de taux

Si les changements apportés au communiqué de presse après la réunion de la Réserve fédérale des États-Unis se comptent sur les doigts de la main, ils sont toutefois loin d’être négligeables. Ainsi, le Federal Open Market Committee (FOMC) ne parle désormais plus d’économie solide, mais d’économie forte. Surtout en ce qui concerne la consommation des ménages, le FOMC entrevoit une forte croissance qui peut en outre être durable. Le cocktail composé d’une baisse des impôts, d’un faible taux de chômage, d’une amélioration de la situation financière et d’une inflation sous contrôle devrait continuer à soutenir la consommation au cours des prochains mois. Ce point a son importance, car les dépenses de consommation de l’Américain moyen représentent pas moins de 70 % du PIB des États-Unis.
Avec une croissance attendue de pas moins de 4,1 % au deuxième trimestre, l’économie américaine ne montre aucun signe d’essoufflement. Alors que les premières prévisions de croissance au troisième trimestre arrivent et semblent bonnes, la Réserve fédérale n’a d’autre choix que d’aller dans le sens du vent. Jerome Powell continuera à relever systématiquement les taux d’intérêt et les marchés tablent sur une prochaine hausse en septembre, suivie par une autre en décembre afin de pouvoir clôturer l’année 2018 sur une note positive.

Donald Trump critique Jerome Powell

Au cours des vingt dernières années, la Maison-Blanche s’est toujours abstenue de s’exprimer sur la politique monétaire que devait mener la Réserve fédérale. Il ne fallait pas compter sur Donald Trump pour suivre cette tradition. Le mois dernier, au cours d’une interview accordée à la chaîne de télévision CNBC, Donald Trump a qualifié Powell de « very good man », mais s’est dit insatisfait de la politique actuelle et du relèvement des taux. S’il devait encore y avoir des doutes à ce sujet, la Maison-Blanche confirme par ce commentaire qu’elle ne voit aucun inconvénient à ce que le billet vert soit bon marché. Une fois encore, le gouvernement actuel semble vouloir s’attaqueur en profondeur au déficit commercial et un cours du dollar favorable est de ce fait indispensable.

Les Chinois n’ont eux non plus pas été épargnés dans l’interview. Selon Donald Trump, ils manipulent leur devise, le yuan, de manière à ce qu’elle soit en chute libre (« keeps dropping like a rock »). Il a ainsi laissé entendre qu’il était prêt à durcir encore plus sa position et à taxer pas moins de 500 milliards de dollars de produits chinois, ce qui correspond aux importations totales de la Chine en 2017.

La Chine semble se préparer à une nouvelle escalade. La People’s Bank of China (PBoC) a fait baisser le taux de dépôt à trois mois de 4,73 % à 3,70 %. C’est la première fois que la banque centrale chinoise intervient de cette manière. Normalement, ses interventions portent sur le taux directeur à sept jours. Le ralentissement de la croissance économique chinoise explique également cette mesure.

Enfin, la PBoC a demandé au ministère des Finances, étant donné les implications possibles d’une importante guerre commerciale, de mettre en place un incitant fiscal plus agressif en abaissant par exemple l’impôt des sociétés.

La politique de la Bank of Japan se heurte à ses limites

Le mois dernier, la Bank of Japan (BOJ) n’a apporté aucune modification à ses taux directeurs et à ses instruments. Ces dernières semaines, les marchés s’étaient toutefois à nouveau focalisés sur la décision de la BOJ. Des rumeurs circulaient en effet au sujet d’un ajustement tant attendu de la politique de la banque centrale. La Bank of Japan est en effet en mauvaise posture depuis quelque temps. L’inflation reste faible, malgré une stimulation monétaire massive depuis plusieurs années. La banque maintient les taux (à court et à long terme) très proches de zéro et achète en masse des obligations ainsi que des produits liés aux actions.

En vain, car au cours de ce mois également, la banque centrale japonaise a dû revoir à la baisse ses prévisions pour l’inflation de base. L’inflation restera d’ailleurs inférieure à 2 % au cours de la période 2018 - 2020. Ces chiffres soulèvent bien entendu des questions quant à l’efficacité de la politique. Les piètres résultats obtenus font-ils vraiment le poids face aux inconvénients qui en découlent ?

Dans ce contexte, la Bank of Japan a décidé de maintenir son taux directeur à court terme à -0,1 %. La zone cible pour le taux à 10 ans reste fixée à 0,0 %. Cependant, la banque va désormais autoriser un écart de 0,2 % par rapport à la zone cible, au lieu de 0,1 %, comme c’est le cas actuellement. Le taux à long terme japonais peut en d’autres termes grimper jusqu’à 0,2 % au lieu de 0,1 %.

Les fluctuations pourront ainsi être plus importantes, mais la BOJ s’est engagée à maintenir les taux aux niveaux extrêmement bas qu’elle pratique actuellement, et ce, pendant une période prolongée (« extended period of time »). Il s’agit d’une explication pour le moins confuse. Il est en effet difficile d’expliquer de manière crédible que les taux obligataires peuvent grimper, mais que cela ne doit en aucun cas être considéré comme un resserrement de la politique. Autrement dit : cette politique se heurte petit à petit à ses limites.

Conclusions pour vos placement

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une vision à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. Gardez toutefois à l’esprit que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • La diversification est donc de mise, tant en termes de durées, de classes d’actifs et de gestionnaires.
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.

Plus d’info : Steven.Snoeckx@banquevanbreda.be, responsable placements

 

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mercredi 8 août 2018