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Situation macro-économique: Les marchés boursiers poursuivent peu à peu leur remontée

Mars 2019. Plombé par des statistiques décevantes concernant l’économie européenne, le taux allemand à 10 ans est passé en négatif en mars dernier – ce qui n’était plus arrivé depuis octobre 2016.

Les indices des directeurs d’achats de la zone euro, et plus particulièrement de l’Allemagne, avaient en effet enregistré une baisse inattendue durant ce même mois. Le ralentissement de la croissance et un taux d’inflation obstinément bas contraignent par ailleurs la Banque centrale européenne (BCE) à poursuivre sa politique monétaire accommodante et à reporter ainsi des hausses de taux attendues de longue date.

Les économistes, qui prévoient depuis des années un relèvement des taux obligataires, ne se sont jusqu’à présent jamais vu donner raison. La BCE a en effet maintenu à plusieurs reprises sa politique « souple » afin de faire remonter une croissance et une inflation jugées trop faibles. Certains économistes craignent que la zone euro suive l’exemple du Japon et que les taux restent bas pendant une très longue période. D’aucuns estiment qu’il se pourrait même que de nouvelles mesures de relance soient mises en place.

La plupart des économistes tablent cependant sur un relèvement progressif des taux à long terme. Selon eux, le taux allemand à 10 ans se hissera progressivement vers 0,3 % d’ici la fin du mois de juin et devrait avoisiner 0,5 % fin décembre. C’est en tout cas ce qui ressort des prévisions du consensus publiées par l’agence de presse Bloomberg.

Après un hiver mouvementé, il semble à présent que le calme soit revenu sur les marchés boursiers ces dernières semaines. Les statistiques économiques restent extrêmement décevantes, surtout en Europe, mais les résultats d’exploitation ne sont pas mauvais, d’autant que les analystes avaient fortement revu à la baisse leurs attentes. Plus important encore, les principaux facteurs de risque semblent avoir disparu : la Fed et la BCE ont toutes deux postposé les relèvements de taux prévus, l’absence d’un accord au sujet du Brexit a en tout cas été reporté à l’automne, la Chine et les États-Unis semblent sur le point de mettre un terme à leur conflit commercial et les chiffres macro-économiques chinois montrent que les centaines de milliards dégagés afin de stimuler l’économie et d’octroyer de nouveaux crédits portent leurs fruits.

Draghi laisse planer le mystère

À la surprise générale, le président de la BCE Mario Draghi avait évoqué la possibilité d’instaurer un système de dépôts à paliers. Tous les regards étaient donc rivés sur la réunion de la BCE du mois dernier. Ce système pourrait introduire un nouveau taux d’intérêt (supérieur à -0,40 %), auquel les banques pourraient placer leurs excédents de liquidités. Les observateurs espéraient donc en apprendre davantage, mais aucune remarque n’a été formulée à ce propos, si ce n’est que les effets négatifs du taux de dépôt actuel suscitaient une certaine inquiétude. La manière dont ce système serait introduit est pour l’heure tout sauf claire, et rien ne dit d’ailleurs qu’il verra le jour. Plusieurs membres de la BCE ont également exprimé leur scepticisme à l’égard d’une telle mesure. D’autre part, les détails concernant les nouveaux prêts à long terme pour les banques (TLTRO), qui seront octroyés à partir de septembre, se font toujours attendre.

Il ne reste donc qu’à attendre la réunion de juin pour en savoir plus.

Allemagne : les prévisions de croissance réduites de moitié

Les autorités allemandes ont fortement revu à la baisse leurs perspectives de croissance initiale de 1 %, les ramenant à 0,5 % seulement pour 2019. Si l’Allemagne avait tiré la croissance de la zone euro ces dernières années, la machine semble à présent avoir enclenché la marche arrière et faire les frais des inquiétudes qui règnent au sujet du Brexit, des conflits commerciaux et de la croissance en recul de l’économie mondiale.

Le Brexit dans l’impasse

Les différents votes sur le Brexit ont permis à la Chambre des communes du Royaume-Uni de faire clairement comprendre au gouvernement ce qu’elle attendait de cette sortie de l’Europe. Parmi les huit propositions formulées, aucune n’est parvenue à obtenir une majorité. Theresa May n’est donc pas la seule à être indécise...

Les membres du Parlement n’étant pas parvenus à s’entendre au sujet du Brexit, il ne restait plus qu’une seule solution : demander un nouveau report à l’UE. La sortie du Royaume-Uni se voit donc une fois encore repoussée. La nouvelle date limite a pour l’instant été fixée au 31 octobre 2019, ce qui fait que nos voisins d’outre-Manche devront eux aussi organiser des élections européennes.

Une réunion de la Fed pleine de surprises

La Fed a poursuivi le revirement inattendu qu’elle avait amorcé lors de sa réunion précédente. La seule décision pour ainsi dire prévisible qu’elle a prise le mois dernier était de maintenir son taux dans la fourchette des 2,25-2,50 %. Les deux relèvements prévus pour 2019, qui devaient normalement intervenir en décembre, ne sont donc plus à l’ordre du jour. Les membres de la Réserve fédérale sont en effet pas moins de 11 à ne plus envisager de hausse de taux pour 2019. Quant à 2020, le nombre médian de relèvements prévus n’est que de 1. La réduction du bilan ralentira elle aussi à partir de mai (pour passer des 30 milliards actuels qui ne seront pas réinvestis à 15 seulement), avant de cesser complètement en septembre. On s’attend donc à ce que le bilan se maintienne quelque temps à un niveau constant.

Comme si cela ne suffisait pas, le président Jerome Powell a même évoqué le risque d’un scénario à la japonaise. Avec un indice d’inflation de seulement 1,7 % en décembre 2018, la Fed craint donc que la robustesse de l’économie américaine ne suffise pas pour éviter à l’inflation de rester en dessous de l’objectif des 2 %. Or, mieux vaut que l’augmentation des prix dépasse ce niveau que de risquer de se retrouver dans une spirale où l’inflation est faible.

La Réserve fédérale fait par conséquent preuve d’une extrême prudence et ne modifiera vraisemblablement plus son taux d’ici la fin de l’année.

La croissance américaine dépasse les attentes

Une première indication de la croissance américaine pour le premier trimestre 2019 dépasse toutes les attentes du marché. Bien au-delà des 2,3 % prévus, ce chiffre de 3,2 % montre que l’économie US n’est pas en train de ralentir, et que le spectre de la récession est bien loin de planer sur le pays. Il convient toutefois d’apporter quelques précisions. Les dépenses des consommateurs n’ont progressé que de 1,2 %, tandis que les investissements dans les entreprises ont même pris un coup de froid. En amont, c’est surtout la constitution de stocks (stimulée par la crainte de voir s’éterniser le confit commercial avec la Chine) qui est à l’origine de ce beau chiffre. Autrement dit, la croissance de demain s’est dans les faits manifestée avec un peu d’avance.

jeudi 2 mai 2019