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Situation macro-économique : Coup de frein sur les bourses européennes

Novembre 2017.On ne se dirige finalement pas vers un rallye de fin d’année pour les bourses européennes.

D'une part, une série de problèmes ont refait surface côté asiatique. Les remous provoqués par l’annonce du président chinois Xi, dont l'intention est de décourager l’important octroi de crédits, étaient encore perceptibles début novembre.

D’autre part, il ressort du procès-verbal de la réunion de la Banque centrale européenne que la décision de prolonger le programme d’achats d’actifs à concurrence d'un montant inférieur n’a pas été facile à prendre. Elle a suscité de vives critiques qui, sans surprise, émanent principalement des camps français et allemand.

Même Benoît Coeuré, pourtant un fervent partisan du programme d’achats, a déclaré que le lien actuellement établi entre l’inflation et les achats d’obligations s’atténuerait plus rapidement que l'on ne s'y attendait. À l’issue de l'interview, les taux à court terme ont esquissé une légère hausse. Il régnait comme un parfum de révolte à Francfort. Rien de bien surprenant sachant que les mandats des architectes de la politique actuelle arrivent bientôt à leur terme. Draghi, Constancio et Praet seront en effet remplacés avant la fin 2019.

Seuls les marchés européens s’étranglent 

Le bénéfice annuel de l’Eurostoxx 50 s’est à nouveau contracté vers un niveau « à un chiffre », tandis que les bourses américaines ont poursuivi sur leur lancée. Les premiers succès du président Trump liés à son plan de réforme fiscale ont donné une bouffée d’oxygène aux principaux indices boursiers américains et leur ont permis d’atteindre de nouveaux sommets. Il faudra toutefois encore attendre jusqu’à l’été 2019 pour faire tomber le record du plus long cycle de croissance économique aux États-Unis, qui correspond actuellement à la période 1991-2001.

Le marché des taux est resté quasiment inchangé ce mois-ci. L'inflation continue à reculer et cela se ressent dans les prévisions à long terme. Le taux d’intérêt belge à dix ans a esquissé une brève hausse avant de revenir lentement mais sûrement vers les 0,50 %. Les taux américains à long terme ont également à peine varié, ce qui devient peu à peu problématique.

 

La confiance et les prévisions restent néanmoins élevées

La Commission européenne (CE) a publié son rapport semestriel et relevé ses prévisions de croissance pour la zone euro de 1,7 % à 2,2 %. S’agissant des années à venir, les prévisions de la Commission se situent également autour des 2 %.

Concernant l’inflation, les marchés resteront encore sur leur faim : la CE prévoit un nouveau recul de l’inflation de 1,5 à 1,4 % pour l’an prochain, et se montre ensuite prudente avec des prévisions à 1,6 %. La Commission justifie principalement sa position en affirmant qu'il y a encore une large marge d’amélioration sur le marché de l’emploi.

Le taux de chômage devrait dès lors continuer à reculer, pour s’inscrire en dessous des 8 % en 2019. Mais cela suffira-t-il à amener l’inflation au niveau souhaité, à savoir 2 % ? Nombreux sont les analystes qui en doutent. Même en Allemagne, où l'on enregistre un taux de chômage d’à peine 3,6 %, l'inflation reste inférieure à 2 %.

Il y a certes des créations d’emplois, bien que les économistes évoquent une progression des « seconds jobs » et des emplois à temps partiel involontaires. Il s’agit donc souvent de postes pour lesquels le salarié ne dispose que d’un très faible pouvoir de négociation pour obtenir une rémunération plus élevée.

Crainte d’une inversion de la courbe des taux aux États-Unis

Aux États-Unis aussi, les marchés obligataires sont affectés par des craintes quant aux prévisions de croissance de l’économie américaine, d'où la quasi immobilité des taux à long terme. La toute fin de la courbe augmente toutefois à un rythme rapide, poussée par les relèvements de taux opérés par la Réserve fédérale américaine (Fed).

À présent qu’il est pour ainsi dire certain que Yellen reverra le taux à la hausse en décembre, et que trois relèvements sont inscrits officiellement au programme de l’année prochaine, les marchés suivent la courbe des taux américains de très près.

La différence entre les taux à dix et à deux ans s’est en effet repliée de 50 points de base. Il n’y a pas encore lieu de paniquer, mais si cette évolution se poursuit, nous nous dirigeons tout droit vers une inversion de la courbe des taux. Si l’on se fie à l’Histoire, ce n’est pas de très bon augure pour les marchés financiers.

Ainsi, le graphique ci-dessous montre qu'une inversion de la courbe des taux n’est intervenue qu’à trois reprises au cours des trente dernières années. Dans les années 80, lorsque la Fed a été contrainte à relever rapidement le taux à court terme en raison d'une inflation colossale.

Lorsque le secteur financier connut des turbulences, ce fut un nouveau coup de massue pour l’économie américaine, déjà touchée par une récession. En 2000 et 2007 aussi, juste avant l'explosion de la bulle internet et la crise bancaire, le marché des taux présentait une courbe inversée.

En haut :  Évolution des taux américains à 10 et à 2 ans / En bas : spread en points de base (Source : Bloomberg)

En haut : Évolution des taux américains à 10 et à 2 ans / En bas : spread en points de base (Source : Bloomberg)

Soit l’investisseur américain à long terme croit dur comme fer à une croissance américaine durable et le taux à long terme augmente. Soit la Fed n’a d’autre choix que d’appuyer sur la pédale de frein pour éviter une inversion de la courbe des taux.

La question du Brexit toujours plus difficile à dénouer

Le mois dernier, la Bank of England (BoE) a une nouvelle fois relevé son taux directeur afin de contrer une hausse de l'inflation. Pour l’instant, cette mesure semble n’avoir produit que peu d’effet : l’inflation pour le mois de novembre s’est maintenue à 3,0 %. C’est également le statu quo pour la croissance britannique, qui affiche 1,5 % au troisième trimestre.

L’évolution des données relatives à la consommation laisse peu de place à l’imagination. Pour la première fois depuis 2013, les ventes au détail (à l’exception des ventes automobiles) se sont repliées sous la barre des 0 % de croissance. Si sa croissance s’élevait encore à plus de 7 % l’an dernier, la consommation enregistre aujourd'hui une contraction de -0,3 %.

Pas étonnant dès lors que de plus en plus de voix s’élèvent même du camp conservateur en faveur d’un Brexit « doux ».

Conclusions pour vos placements

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une approche à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. À cet égard, vous devez savoir que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • Le maître mot est la diversification : durées, classes d’actifs et gestionnaires.
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.

mercredi 13 décembre 2017