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Situation macro-économique: Le ciel reste menaçant

Novembre 2018. Les tensions entre l’Italie et l’UE semblent s’apaiser quelque peu. Après une période d’échanges plutôt ‎houleux, les deux parties s’orientent finalement vers un accord.

Ce qui n’empêche pas que la croissance décevante du troisième trimestre et la détérioration de la confiance ‎des entrepreneurs continuent de mettre les marchés européens sous pression. Aux États-Unis, ce sont ‎surtout les valeurs technologiques qui ont été affectées. Malgré cela, les indices américains sont tout juste ‎parvenus à maintenir la tête hors de l’eau ce mois-ci. La volatilité constante sur les places boursières a tiré ‎encore un peu plus à la baisse les taux à long terme. Le taux belge à 10 ans est ainsi redescendu sous la ‎barre de 0,80 %, et le Bund allemand sous celle de 0,35 %. ‎

Le fossé entre l’Italie et l’UE se réduit légèrement

Dans le courant du mois, la Commission européenne avait pris une première mesure en vue d’engager une ‎procédure de déficit excessif à l’encontre de l’Italie. Le gouvernement italien avait en effet refusé d’adapter ‎sa proposition de budget pour 2019 malgré les avertissements répétés de l’UE. Ce mécanisme disciplinaire, ‎qui avait pour but de mettre l’Italie davantage sous pression et de l’encourager à mettre un peu d’eau dans ‎son vin, semble avoir porté ses fruits. ‎

 

‎La perspective d’une conciliation concernant un déficit budgétaire d’environ 2 % se ‎concrétise

Les Italiens se montrent finalement de plus en plus disposés à réduire leur déficit budgétaire en 2019. Les ‎vice-présidents du Conseil des ministres Salvini et Di Maio ont déclaré que si le chiffre de 2,4 % était sujet à ‎négociation, la promesse de réduire les impôts et d’instaurer un revenu de base pour les personnes ‎défavorisées ne l’était en revanche pas. Le fait de reporter la mise en oeuvre de certaines mesures peut ‎ramener le déficit à 2,2 %. Selon les informations communiquées par l’Italie, l’UE attend qu’elle le réduise ‎davantage, de manière à avoisiner les 2,0 %. La perspective d’une réconciliation se fait donc de plus en ‎plus tangible.‎

En direction d’un no-deal ?‎

Il semblait que nous étions sur le point d’ouvrir un nouveau chapitre de la saga du Brexit. Les négociations ‎intensives entre Londres et Bruxelles ont débouché sur un accord (textuel), dont les 600 pages ou presque ‎ont été présentées au cabinet de Theresa May. Les débats ont duré plus longtemps que prévu, ce qui, ‎initialement, avait fait présager le pire. À l’issue de ceux-ci, May est pourtant parvenue à obtenir un aval ‎ministériel. La démission de Dominic Raab, le ministre chargé du Brexit, et d’Esther McVey a cependant tout ‎de suite jeté un froid parmi les optimistes. Il se peut que ce signe de protestation ait scié la dernière ‎branche sur laquelle la Première ministre britannique était encore assise. ‎

Les voix en faveur d’une motion de censure se font de plus en plus entendre au sein du parti conservateur. ‎Avec un vote parlementaire prévu pour le 11 décembre, les efforts déployés afin de convaincre les députés ‎de soutenir l’accord vont donc bon train. Mais pour le moment, personne ne croit que le « oui » l’emportera ‎au premier tour. Les membres de son parti sont déjà des dizaines à avoir rejeté l’accord. La suite est donc ‎pour le moins incertaine. De nouvelles élections seront-elles déclenchées ? Un nouveau référendum ‎organisé ? Reste bien entendu aussi la solution par défaut – entendez un « no-deal » – qui forcerait les ‎parties à repartir de zéro et à négocier un nouvel accord commercial. ‎

La locomotive allemande en perte de vitesse

La météo n’était pas non plus au beau fixe du côté de l’Allemagne, puisque l’économie nationale s’est ‎contractée de 0,2 % entre le deuxième et le troisième trimestre. Le précédent recul trimestriel datait déjà de ‎‎2015. Ce chiffre n’a pourtant rien d’une grande surprise, vu qu’Eurostat avait tablé sur une croissance de ‎‎0,2 % pour l’ensemble de la zone euro au troisième trimestre. L’Espagne (0,9 %), la France (0,4 %) et la ‎Belgique (0,4 %) ont en revanche fait état de chiffres relativement bons. En termes mathématiques, les ‎choses sont claires : la locomotive allemande s’est grippée au troisième trimestre.‎

 

Les exportations allemandes diminuent ‎

La dégradation de la conjoncture allemande résulte essentiellement d’une baisse des exportations ‎nationales. Il semble donc que la guerre commerciale qui fait rage à l’international ait touché le cœur ‎économique de l’Europe. Cela faisait des années que la locomotive allemande tirait derrière elle le train ‎européen. Ses exportations automobiles à destination des marchés hors UE ont stimulé la reprise ‎économique dans tous les pays d’Europe qui intervenaient en tant que fournisseurs de l’industrie allemande. ‎Ce repli est donc une mauvaise nouvelle pour tout le Vieux Continent. Mais la faiblesse actuelle des ‎exportations allemandes n’est pas uniquement imputable au contexte économique mondial. La diminution ‎des ventes automobiles joue elle aussi un rôle. ‎

L’entrée en vigueur de nouvelles normes d’émissions a entraîné une série de problèmes logistiques dans le ‎secteur automobile allemand et a par conséquent réduit le nombre d’immatriculations de voitures neuves en ‎septembre et octobre 2018. Il se peut que ce soit également ce qui explique la baisse des exportations et ‎que nous puissions considérer que ce phénomène n’est que passager. ‎

L’oncle Sam plus endetté que jamais

Selon la Federal Reserve Bank of New York, le niveau de la dette des ménages américains a atteint les ‎‎13 510 milliards de dollars (13,51 billions de dollars) au troisième trimestre 2018. Les crédits hypothécaires ‎se trouvent encore juste en dessous du pic du troisième trimestre 2008. ‎

Les prêts étudiants font s’envoler le niveau de la dette ‎

Cette augmentation est due aux crédits automobiles et, surtout, aux prêts étudiants, dont les montants en ‎souffrance ont doublé ces dix dernières années. À l’heure actuelle, les prêts étudiants représentent même ‎une partie de la dette supérieure à celle des crédits voitures. Il y a donc là matière à réflexion, puisque près ‎d’un emprunteur sur dix est en retard de plus de 90 jours dans ses remboursements. Et depuis la crise ‎bancaire, nous savons comment se terminent les situations dans lesquelles les dettes atteignent des ‎montants trop importants...‎

Le revirement de Powell

Plus tôt ce mois-ci, le grand patron de la Fed a pris la parole à l’Economic Club of New York. Les ‎investisseurs étaient donc à l’affût d’indices concernant l’évolution des taux en 2019. Surtout au regard des ‎remarques constantes de la Maison-Blanche à l’adresse de la Fed. ‎

Ce mois-ci, les tweets du président Donald Trump ne seront une fois de plus pas passés inaperçus. ‎‎« They’re making a mistake because I have a gut and my gut tells me more sometimes than anybody else’s ‎brain can ever tell me » – Ils font une erreur, parce que moi, j’ai de l’intuition, et cette intuition m’en dit ‎parfois bien plus long que ce que le cerveau de n’importe qui d’autre serait capable de m’apprendre. Une ‎nouvelle déclaration tonitruante de Trump au sujet de la politique de la Fed…‎

Le taux US se situe juste en dessous du niveau neutre ‎

Le marché s’attend à que la réserve fédérale se montre plus prudente dans sa gestion des taux l’an prochain ‎et a cherché des preuves de cette supposition dans le discours de Powell. La réaction du marché laisse ‎entendre que les chances augmentent de voir la Fed adopter une approche bien plus « soft ». Powell avait ‎de fait déclaré que le taux se trouvait « juste en dessous » du niveau neutre.‎

Durant ses brèves explications, il a également indiqué que la Fed était consciente des conséquences de sa ‎politique et des risques auxquels l’économie pouvait être confrontée. Cette analyse a suffi à faire réagir le ‎marché au quart de tour. Les taux à court terme et le billet vert ont reculé, et les Bourses ont à nouveau ‎bondi. Serait-ce là le coup d’envoi d’un nouveau rallye de fin d’année ? Les marchés ont en tout cas déjà ‎conclu que la Fed ne durcirait pas inutilement sa politique et laisserait à l’économie suffisamment d’air pour ‎qu’elle puisse respirer.‎

Conclusions pour vos placements

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant ‎un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre ‎portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs ‎personnels.‎
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une vision à long terme, basée sur une discipline ‎d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. Gardez toutefois à l’esprit que les ‎placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile. ‎
  • La diversification est donc de mise, tant en termes de durées, de classes d’actifs et de gestionnaires.‎
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. ‎N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.‎

mercredi 5 décembre 2018