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Situation macro-économique: Plus faible, mais plus durable

Octobre 2017. Si l'on tient compte d'un dernier rallye de fin d'année, on pourra dire que 2017 aura été un nouveau millésime faste pour la bourse.


La Banque centrale européenne (BCE) a réduit son programme d'assouplissement quantitatif (QE) de moitié, le ramenant de 60 à 30 milliards d'euros par mois, bien qu'elle ait l'intention de le poursuivre au moins jusqu'en septembre 2018. C'est donc la deuxième réduction cette année, puisque les rachats d'actifs étaient déjà retombés de 80 à 60 milliards d'euros au mois d’avril. La BCE va donc encore racheter l'équivalent d'au moins 270 milliards d'euros de titres de créance, pour un portefeuille qui totalisera quelque 2500 milliards d'euros, soit un tiers de toute la dette publique de la zone euro.

Cependant, son président Mario Draghi a tout fait pour convaincre les marchés que la BCE n'est pas en passe de mettre un terme à la souplesse actuelle de sa politique monétaire. Il a évoqué un simple « recalibrage » et a souligné que le programme de rachat ne prendrait pas brusquement fin en 2018. Il semble donc que les taux directeurs resteront faibles pendant encore un moment.

Le message de Draghi est parfaitement passé auprès des marchés ; les taux à long terme ont cédé quelques points de base, et l'euro est resté sous pression. Si l’euro-dollar surnageait encore un peu au-dessus de 1,20 en septembre, il est aujourd'hui retombé à 1,16 (ce qui reste malgré tout une hausse de 11 % par rapport au début de l'année). Les marchés boursiers ont quant à eux apprécié les propos de Draghi, et ont fait un bond en avant. La plupart des indices affichent à présent une progression à deux chiffres sur base annuelle.

Boucles d'Or, version européenne 

Une économie en mode « Boucles d'Or » (ou « Goldilocks economy ») se caractérise par une croissance bien tempérée, un faible taux de chômage, une hausse du prix des actifs, des taux d'intérêt bas et une faible inflation. L'économie américaine de la fin des années 1990 (et juste avant la bulle des dotcoms) est souvent citée en exemple. Après que la croissance économique européenne est inopinément passée de 2,3 % à 2,5 % annuels, de plus en plus d'analystes reprennent ce terme pour qualifier la situation économique actuelle en Europe.

En effet, tous les autres chiffres macro-économiques se sont eux aussi montrés généreux ce mois-ci : le taux de chômage est retombé de 9,1 % à 8,8 %, l'indice de confiance des producteurs et des consommateurs a poursuivi son ascension et l'inflation européenne est descendue de 1,5 % à 1,4 %, tandis que l'inflation de base était en net recul, de 1,1 % à 0,9 %.

Les belles chansons (ou dans le cas présent, les belles histoires) ne durent généralement pas longtemps, mais comme on l'a dit, Mario Draghi fera tout pour ajouter quelques chapitres à celle-ci.

Powell succède à Yellen

Plusieurs événements que nous ne voudrions pas passer sous silence sont encore survenus juste avant la clôture de cette mise à jour. Ainsi, Donald Trump a présenté son poulain à la succession de Janet Yellen à la tête de la Réserve fédérale (Fed). Avec Jerome Powell, Trump poursuit dans la même veine : un partisan d'une politique monétaire souple, favorable à des hausses de taux progressives, pas de dégraissage brutal du bilan, mais surtout une personnalité encline à chercher le centre et le consensus. Grande différence par rapport à Yellen, Powell souhaite revenir sur une partie de la régulation financière actuelle.

Trump rompt donc avec ses prédécesseurs en ne prolongeant pas le mandat de l'actuelle présidente de la Fed, mais on ne s'en étonnera guère, d'autant que Yellen n'a pas touché aux taux directeurs ce mois-ci et a tenu des propos très optimistes concernant l'évolution de l'économie américaine. Les marchés continuent à tabler sur une nouvelle hausse des taux en décembre. Pour l'an prochain, la Fed en prévoit toujours trois autres.

 

Des chiffres américains faussés

En octobre, les ouragans Harvey et Irma ont clairement marqué les résultats macro-économiques. Selon le rapport sur l'emploi, 33 000 jobs ont ainsi disparu en septembre, et 261 000 autres ont vu le jour le mois suivant. Mais de très nombreux Américains n'ont pas pu aller travailler pendant les ouragans, ce qui explique cette forte baisse.

Le calcul mensuel des coûts salariaux a lui aussi bondi en septembre, suite aux nombreuses heures supplémentaires que les services de secours et les collaborateurs des entreprises de services aux collectivités ont dû prester. Ces éléments ont (notamment à cause d'une hausse des prix à la pompe) contribué à porter l'inflation globale de 1,9 % à 2,2 %. Il importera donc de faire preuve d'une prudence de bon aloi en examinant les chiffres macro-économiques américains des prochains mois.

La BoE remonte les taux pour la première fois en dix ans

Comme le mentionnait déjà le communiqué post-réunion de la Banque d'Angleterre (BoE) le mois dernier, ses membres ont rehaussé le taux directeur de 25 points de base pour l'amener à 0,50 %. Avec une inflation de 3 % ce mois-ci, les décideurs politiques ne pouvaient pas rester plus longtemps sur la touche, mais ceux qui pensaient que la Grande-Bretagne se dirige à son tour vers une série de hausses comme les États-Unis risquent de devoir se détromper.

Mark Carney a bien mis les points sur les i dans sa déclaration : d'éventuelles hausses de taux ultérieures dépendront de l'issue des négociations du Brexit. Il a également répété à plusieurs reprises que les conditions dont la BoE doit tenir compte sont « anormales » et « exceptionnelles ». Selon Carney, le Brexit induit une sérieuse « sous-performance » de l'économie, dont la croissance se limitera selon lui à 1,5 % cette année, alors qu'on tablait sur 2,2 % début 2017.

Theresa May n'a plus que quelques semaines pour formuler une nouvelle proposition quant au montant que les Britanniques devront payer pour sortir de l'Union. C'est seulement alors que les véritables négociations pourront commencer.

Chine : la transition difficile

Le congrès quinquennal du parti communiste vient de se terminer. Tout n'est pas rose pour l'économie chinoise : la croissance s'est établie à 6,8 % au troisième trimestre, et le gouverneur de la Banque populaire de Chine a annoncé qu'elle pourrait même atteindre 7 % cette année. Mais ces beaux chiffres s'affichent aux dépens d'une dette colossale. Le président Xi a l'intention de durabiliser l'économie et de prendre des mesures pour limiter le crédit débridé.

Un message que les marchés chinois des capitaux ont peu apprécié ces derniers jours. Ainsi, le taux chinois à 10 ans a pris plus de 20 points de base pour passer à 3,90 %, et la Banque centrale de Chine a dû intervenir en libérant un montant record de liquidités (on parle de 151 milliards de dollars environ). Le président Xi a également évoqué une « ère nouvelle » pour l'économie chinoise, et a proposé un plan qui doit faire de son pays un leader mondial en 2050. Mais cette évolution s'accompagnera d'inévitables maux de croissance et d'une résistance de l'Occident.

Conclusions pour vos placements

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une approche à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. À cet égard, vous devez savoir que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • Le maître mot est la diversification : durées, classes d’actifs et gestionnaires.
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.

mercredi 8 novembre 2017