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Situation macro-économique: Les bourses piquent du nez

Octobre 2018. La confrontation entre l’Italie et l’Europe, les pourparlers du Brexit qui sont au point mort, une Réserve fédérale qui semble déterminée à maintenir les hausses de taux d’intérêt, une croissance chinoise chancelante...

Autant de raisons qui poussent les investisseurs à freiner des quatre fers. Ce mois-ci, les marchés américains ont eux aussi bien souffert, même si les rendements sur base annuelle restent de justesse dans le vert pour les indices d’outre-Atlantique.  

Bras de fer entre l’Italie et l’Europe

Avec le cap budgétaire qu’il a choisi, le gouvernement italien risque une confrontation directe avec la Commission européenne. Les programmes électoraux du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue du Nord sont un amalgame de dépenses supplémentaires et de réductions d’impôt. Le gouvernement italien veut notamment annuler certaines réformes mises en place par son prédécesseur. Il a par exemple l’intention d’abaisser à nouveau l’âge de la retraite et d’instaurer un revenu de base. Les citoyens les plus riches, en particulier les électeurs de la Ligue du Nord, devraient quant à eux bénéficier de réductions d’impôts. Avec de tels projets, il sera impossible de ramener le déficit budgétaire à 0,8 % du PIB en 2019 comme convenu entre le précédent gouvernement italien et la Commission européenne. Le nouveau gouvernement a présenté une proposition visant à relâcher la contrainte budgétaire, avec un déficit budgétaire équivalent à 2,4 % du PIB.

Le taux d’intérêt italien à 10 ans a fortement augmenté ces dernières semaines, ce qui explique la différence de taux d’intérêt par rapport à l’Allemagne (plus de 300 points de base à un certain moment). Les marchés ont dans un premier temps réagi à la nouvelle déviation des finances publiques italiennes. Avec un ratio d’endettement public supérieur à 130 % du PIB, on est en droit de se demander pendant combien de temps l’Italie peut poursuivre de la sorte, surtout dans un contexte de hausse des taux d’intérêt.

Plus fondamentalement, à la suite de ce changement de cap, la politique économique italienne s’éloigne de plus en plus de la tendance européenne dominante. Alors que d’autres pays procèdent à la réforme complète de leur marché du travail et de leur économie – contre leur gré et pas toujours à un rythme soutenu –, l’Italie fait machine arrière. Les gouvernements italiens précédents avaient en effet réussi à relever certains défis. Même en France, Macron a fait adopter des réformes structurelles. Et ailleurs en Europe méridionale, le fonctionnement du marché du travail a aussi été profondément remodelé. Il reste encore beaucoup à faire dans toute l’Europe, mais une divergence dans les réformes compromet la stabilité à long terme de la zone euro.

Le ministre italien des Finances, Giovanni Tria, s’est vu confier la tâche ingrate de présenter à Bruxelles la proposition de budget italien 2019-2021 lors d’une réunion avec ses homologues de l’Eurogroupe. Ingrate parce que l’homme, en tant que technocrate du gouvernement italien, a dû s’incliner face aux dirigeants du gouvernement de coalition populiste. Il s’est donc rendu à Bruxelles pour jouer cartes sur table, avant de prendre rapidement son billet retour pour Rome une fois sur place. Pierre Moscovici, Commissaire européen aux affaires économiques, a utilisé une métaphore issue de l’univers du tennis : « On peut discuter au sujet d’une balle qui rebondit près de la ligne, mais dehors, c’est dehors. » Tria n’a pas pris la peine de se défendre. Le budget a donc été rejeté sans ambages par l’Europe, et l’Italie a maintenant trois semaines pour présenter une meilleure proposition.

Date limite

Le 17 octobre 2018. Pendant longtemps, ce jour correspondait à LA date limite pour parvenir à un accord sur la manière dont le Royaume-Uni quitterait l’Europe, celle que l’on avait entourée en rouge sur tous les calendriers. Au cours des dernières semaines, les deux parties se sont écartées de cet objectif en évoquant la possibilité d’un sommet spécial sur le Brexit en novembre pour finaliser la convention de divorce. La rumeur s’est propagée et s’est malheureusement confirmée : jusqu’à nouvel ordre, aucun sommet spécial sur le Brexit ne sera organisé en novembre.

Il est inutile d’organiser une réunion spéciale en novembre tant qu’il n’y a pas de solution pour la frontière irlandaise – et cet accord se fait toujours attendre. Les deux parties ont déjà présenté des (contre)propositions, mais aucune percée n’a encore été réalisée. Malgré cela, les dirigeants de l’UE ont convié la Première ministre Theresa May à un dîner à Bruxelles le mois dernier. En contrepartie, elle a fait le point sur la position britannique dans les négociations. Une fois de plus, et comme on s’y attendait, les dirigeants européens ont quitté la table déçus. L’optimisme de May (« une percée est à portée de main ») contraste fortement avec l’attitude des dirigeants européens, qui ont répété qu’il fallait plus de temps. Mais ont-ils vraiment ce temps ?

Sachant que le sommet de novembre ne se tiendra probablement pas, la priorité sera déplacée. L’ultime Conseil européen de l’année civile aura lieu les 13 et 14 décembre, soit trois mois avant la date fatidique : le 29 mars 2019, que les Britanniques ont inclus dans leur législation comme date limite pour quitter l’UE. Pour cela, tout accord entre May et l’UE doit d’abord être approuvé par la Chambre des communes et par les gouvernements nationaux de l’UE... Ce qui ne sera pas évident. Quelle que soit la largeur du fossé entre May et l’UE, celui qui la sépare de son arrière-ban est au moins aussi large. L’UE attend de May des concessions inacceptables pour une majorité de son propre parti. Un scénario de non-accord est donc de plus en plus probable.

May est coincée entre l’Union européenne d’une part et son gouvernement de l’autre. Les deux parties se sont toutefois engagées à prolonger d’un an la phase de transition, qui s’étend actuellement jusqu’à la fin de l’année 2020. En conséquence, on gagnera du temps pour conclure un nouvel accord commercial mutuel et éviter ainsi l’option du « backstop » irlandais. Bien qu’il ne plaise à personne, ce point doit néanmoins faire partie de l’accord de retrait qui entrera en vigueur le 29 mars 2019. Chacun veut à tout prix éviter une frontière irlandaise infranchissable, et c’est précisément ce qui bloque actuellement toute nouvelle avancée.

Draghi garde la tête froide

Malgré les chiffres économiques modérés publiés dans la zone euro ces dernières semaines (l’économie européenne n’a progressé que de 0,2 % au troisième trimestre, contre un taux de croissance prévu de 0,4 % sur une base trimestrielle), Draghi parvient à maintenir en équilibre les attentes du marché. À la suite de la réunion de la BCE, il a signalé dans sa déclaration que les risques sont toujours évalués comme « globalement équilibrés », et a souligné qu’il n’y a eu aucun changement dans les attentes liées à l’inflation. La trajectoire politique actuelle n’a pas non plus été modifiée ; les rachats nets du programme d’assouplissement quantitatif cesseront très probablement en décembre. Draghi est resté muet quant à la poursuite des réinvestissements et l’actualisation de la clé de répartition de ces investissements.

Il a toutefois réussi à évoquer les risques pour l’économie européenne sans guère provoquer de réactions de la part marché. Il a notamment pointé le budget italien et les négociations du Brexit comme des facteurs temporaires expliquant des données plus mauvaises que prévu. En ce qui concerne le budget italien, il a simplement déclaré qu’il s’agissait d’une question fiscale, et que la politique monétaire n’était pas le cadre adéquat pour aborder cela. Mario Draghi reste optimiste au sujet des attentes liées à l’inflation, citant l’augmentation des salaires comme facteur prépondérant.

Plusieurs allusions ont cependant été faites à la réunion de la BCE de décembre, au cours de laquelle les projections relatives à la croissance et à l’inflation seront mises à jour et expliquées. Cette réunion montrera si l’optimisme prudent dont a fait preuve Draghi se traduira dans les projections, ou s’il faudra les revoir à la baisse.

Trump contre Powell

Chaque mois, les déclarations de Trump font grand bruit, et le mois dernier n’a pas fait exception. Interrogé sur la correction sur les marchés financiers, il a réitéré les déclarations enflammées suivantes : « The problem I have is with the Fed… The Fed is going wild… They’re raising interest rates and it’s ridiculous… The Fed is going loco! » (Mon problème avec la Fed, c’est qu’elle part en vrille. Elle augmente les taux d’intérêt et c’est ridicule. Elle pète un câble !). Ces propos tombent comme un cheveu dans la soupe en assombrissant le sentiment du marché juste avant les importantes élections au Congrès américain. Le Dow Jones a perdu plus de 5 % au cours du dernier mois. Mais la Fed pousse-t-elle vraiment l’économie américaine vers la récession ?

 

Elle a déjà relevé les taux directeurs par trois fois cette année, et une quatrième hausse est prévue en décembre. Le programme de réduction du bilan de la banque centrale bat actuellement son plein. De plus, les prévisions de la Fed indiquent environ trois autres hausses des taux d’intérêt en 2019. Le taux directeur est actuellement à 2,25 %, mais sur la base des projections de la Fed, il passera à 3,25 %. Si l’on compare ce chiffre avec le taux des bons du Trésor à 10 ans, qui se situe autour de 3,20 %, il devient évident que le marché en conclut que la politique monétaire va bientôt devenir beaucoup trop restrictive.

Selon le président de la Fed, Jerome Powell, nommé par Trump lui-même il y a moins d’un an, c’est exactement le but. La semaine dernière, il a déclaré que les taux directeurs devraient être relevés au-delà d’un « niveau neutre ». Mais ce n’est pas tout : selon Powell, nous sommes « a long way from neutral at this point, probably » (sans doute loin d’un niveau neutre à ce stade). Autrement dit, la Fed n’estime pas à avoir terminé, même après les trois hausses de 2019. Il n’est donc pas surprenant que le marché ait vraiment mal pris la nouvelle. Les marchés financiers en concluent que la Fed est prête à entraîner l’économie dans la récession et se demandent si elle s’apprête à surenchérir jusqu’à ce que tout s’effondre.

« Stellar payrolls »

Mais si l’on regarde le marché du travail américain, il y a encore une belle marge de progression. Une fois encore, les chiffres sur l’emploi sont meilleurs qu’on ne l’espérait : en octobre, pas moins de 250 000 nouveaux emplois ont été créés (contre 200 000 prévus) et les salaires horaires ont augmenté de 3,1 % sur base annuelle. Il s’agit de la plus forte hausse des neuf dernières années. En conséquence, le taux de chômage est resté robuste, à un niveau favorable de 3,7 %. Ce sont là de bons chiffres, bien qu’il y ait aussi quelques conséquences de la saison des ouragans et de l’« effet de base » (octobre 2017 a été un mois exceptionnellement faible en termes de croissance des salaires). Quoi qu’il en soit, la création moyenne d’emploi sur 6 mois et sur 12 mois dépasse toujours les 200 000 emplois par mois.

Conclusions pour vos placement

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une vision à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. Sachez toutefois que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • Le maître mot est la diversification : durées, classes d’actifs et gestionnaires.
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.

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mercredi 7 novembre 2018