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Situation macro-économique : Draghi lambine

Un mois s’est écoulé et toujours aucune réaction de la Banque centrale européenne (BCE). Mario Draghi a reporté au mois d’octobre l’épineuse question qui taraudait chacun.

Comme attendu, la politique et les taux sont restés inchangés, décevant ainsi les marchés, qui espéraient obtenir des indications quant à l’avenir du programme d’achats d’obligations en cours. Mais Draghi s’est défilé et a annoncé que les décisions importantes relatives à l’assouplissement quantitatif (Quantitative Easing ou QE) ne seraient adoptées que le mois prochain. À l’exception d’une progression des prévisions de croissance pour cette année (de 1,9 % à 2,2 %), ainsi que d’un recul des prévisions d’inflation, c’était le calme plat à Francfort. Par son discours, Draghi a à nouveau tenté d’affaiblir quelque peu l’euro, déclarant que l’évolution actuelle était « une grande source d'incertitude ». Ce fut toutefois peine perdue, puisqu'il a fallu attendre des nouvelles d’outre-Atlantique pour enfin voir un euro fort se replier légèrement. 

La réforme fiscale de Trump ressucite les rêves de reflation. 

Ce n’est pas Janet Yellen, mais bien à nouveau Trump qui est parvenu à insuffler un peu de volatilité dans l’euro-dollar. Son plan de réforme fiscale revisité a même réussi à faire à nouveau croire aux marchés à un scénario de reflation. À une sorte de seconde chance, donc. Ses plans paraissaient pourtant très ambitieux :

  • refonte des tranches d'imposition des revenus des particuliers, doublement des taux d’exonération fiscale standard ;
  • abaissement de l’impôt des sociétés de 35 % à 20 % ;
  • possibilités de régularisation pour les fonds américains placés à l’étranger
  •  …

Des mesures qui ne seront pas sans conséquences sur le budget. Si Trump a remporté une première « victoire » avec l’accord provisoire sur le relèvement du plafond de la dette conclu avec les démocrates, ce débat reviendra sur la table début 2018. Et avec ce nouveau plan de réforme fiscale dans le collimateur, les négociations promettent d’être compliquées.

Un euro finalement en léger repli 

L’euro-dollar, qui frôlait encore les 1,21 début septembre, s’est affaibli et a terminé le mois juste au-dessus des 1,18. Le résultat des élections allemandes a également comprimé le cours EUR / USD, tout comme les tensions autour du référendum catalan. Trump est même parvenu à influencer les taux à long terme. La plupart des taux européens ont en effet terminé en hausse ce mois-ci, tout comme les marchés boursiers.

Le moteur Européen fonctionne toujours bien

 

Sur le plan purement macro-économique, il n’y a pas grand-chose à signaler pour l’Europe. Le taux de chômage est resté stable à 9,1 %. En termes de croissance, les chiffres définitifs du deuxième trimestre sont légèrement supérieurs aux prévisions : 2,3 % sur base annuelle, contre 2,2 % attendus. L’inflation générale est elle aussi légèrement plus haute (1,5 %), mais cette progression peut être intégralement imputée à l’augmentation des prix de l’énergie. Même l’inflation de base devrait légèrement retomber (de 1,2 % à 1,1 %) en septembre. Tout cela alors que la confiance des consommateurs est toujours en hausse et que celle des entrepreneurs continue à frôler des sommets.

La réserve fédérale tient parole

Contrairement à la BCE, la Réserve fédérale (Fed) a suivi les attentes des marchés. Dès le mois d’octobre, la Fed commencera à réduire son bilan. Dans un premier temps, seules des obligations seront encore rachetées, jusqu’à atteindre une somme totale de 10 milliards de dollars USD. La Fed augmentera ce plafond progressivement tous les trois mois pour atteindre 50 milliards de dollars USD en octobre 2018. Par ailleurs, la plupart des décideurs politiques semblent bien décidés à procéder à une augmentation supplémentaire des taux cette année. Les décideurs actuels se sont également engagés à les relever à trois reprises au cours de l’année prochaine.

Mais comment la FED envisage-t-elle l'année à venir? 

La démission du vice-président de la Fed, Stanley Fischer, pour raisons personnelles a été pour le moins surprenante. Son départ offre à Trump une chance unique de marquer la Réserve fédérale de son empreinte. En temps normal, le Conseil d’administration de la Fed se compose de sept membres. Or, ils ne sont pour le moment que trois. Si le mandat de Janet Yellen n’est pas renouvelé (la décision devrait tomber dans les mois à venir), Trump pourra placer ses pions à 5 des 7 postes que compte la Fed, à condition d'obtenir l’approbation du Sénat, évidemment.

Reste à savoir quelle politique il entend mener. Durant sa campagne, il s’est à plusieurs reprises opposé vigoureusement à la politique de Yellen. Il peut à présent mettre la souplesse de la Fed à profit pour soutenir la croissance de l’économie américaine et assurer le financement de ses coûteuses réformes. Il est toutefois évident qu’il jouera la carte de la dérégulation. Son premier candidat-membre (Randal Quarles) devrait déjà occuper le poste de Vice Chair for Bank Regulation.

Des chiffres mitigés pour les Etats-Unis

Le rapport mensuel sur l’emploi se montre décevant, avec seulement 156 000 nouveaux emplois créés ce mois-ci (au lieu des 172 000 attendus). Ces chiffres peuvent en partie s’expliquer par le fait que les salaires versés en milieu de mois n’y sont pas repris. Les enseignants (qui reprennent déjà le travail dans le courant du mois d'août aux États-Unis) ne sont donc pas intégrés dans ces statistiques.

Les ventes au détail sont également inférieures aux prévisions. En août, l’on a même assisté à une contraction de -0,2 % contre une croissance de 0,1 % attendue. Ces résultats sont dans une certaine mesure imputables au passage de l’ouragan Harvey (qui a entraîné des jours de fermeture dans une grande partie du pays ainsi qu'une flambée des prix des carburants). Les chiffres de juin et de juillet ont toutefois aussi été revus à la baisse. L’image positive du consommateur américain qui continue à soutenir la croissance du pays a donc pris un sérieux coup ces dernières semaines.

En revanche, lors d’une deuxième estimation, les chiffres de croissance sont passés de 2,7 %
à 3,0 % sur base annuelle. L’inflation a également connu un nouveau souffle : le niveau d’inflation générale est passé de 1,7 % à 1,9 % (contre les 1,8 % attendus). L’inflation de base est quant à elle restée inchangée (1,7 %).

Carney tranche le nœud gordien

La Bank of England (BoE) a maintenu son taux directeur à 0,25 %. Seuls deux membres se sont prononcés en faveur d’une augmentation. Le procès-verbal de la réunion est surprenant : selon toute probabilité, le taux sera bel et bien relevé. Le communiqué était même plutôt explicite : si l’économie continue à évoluer comme c’est le cas actuellement, la majorité se prononce en faveur d'une réduction de la souplesse de la politique monétaire dans les mois à venir. Après le pic de 2,6 % à 2,9 % au mois d’août, il semble qu'il soit plus important de maintenir l'inflation sous contrôle que d'éviter de voir une hausse des taux d’intérêt brider la croissance. La plupart des analystes craignent qu'il s’agisse plutôt d'un ajustement et non d'une nouvelle orientation. Si la croissance des salaires reste faible, il y a peu de raisons de freiner des quatre fers. Les taux britanniques ont déjà progressé d’une dizaine de points de base, tandis que la livre sterling a reçu le coup de pouce dont elle avait tant besoin.

Conclusions pour vos placements

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une approche à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. À cet égard, vous devez savoir que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • Le maître mot est la diversification : durées, classes d’actifs et gestionnaires.
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.

 

 

 

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Auteur

Steven Andries

mercredi 4 octobre 2017