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Situation macro-économique: Les États-Unis en pleine forme

Septembre 2018. Les marchés d’actions américains battent de nouveaux records tandis que le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine se ravive à nouveau et qu’une tempête déferle sur les marchés émergents.

Les marchés d’actions américains enchaînent les nouveaux records.

Sous l’effet du plus long marché haussier de l’histoire, l’indice S&P 500 se rapproche de plus en plus des 3 000 points, tandis que le Dow Jones n’est plus qu’à quelques pour cent de la barre des 27 000 points. L’indice de confiance des consommateurs américains a quant à lui dépassé les 60, soit le niveau le plus haut jamais atteint en 17 ans. Tout cela alors que le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine s’envenime et que les marchés émergents jouent notamment avec les taux en vue d’enrayer la crise.

La confiance des consommateurs américains est au plus haut.

De nouveaux droits d’importation des deux côtés

Les États-Unis n’ont pas dû attendre longtemps les représailles de la Chine.

Le président Trump a annoncé ce mois-ci de nouveaux droits d’importation (de 10 %) sur 200 milliards de produits chinois supplémentaires. Cette décision porte ainsi à 250 milliards de dollars la valeur totale des biens sur lesquels sont levées ces taxes, soit la moitié de toutes les marchandises en provenance de Chine (environ 500 milliards de dollars en 2017).

Mais ce n’est pas tout : Trump a même menacé de taxer les produits restants si la Chine venait à rétorquer en relevant à son tour les droits d’importations qui grèvent les produits américains. Les mesures de représailles chinoises ne se sont pourtant pas fait attendre, puisque ces droits sont passés de 5 à 10 % pour 60 milliards de dollars de marchandises. Jusqu’à présent, toutes les tentatives de négociations lancées afin de freiner l’escalade de ce conflit commercial ont été avortées.

Les tensions diplomatiques entre les deux pays se sont elles aussi intensifiées depuis que les États-Unis ont imposé des sanctions à un général chinois pour avoir enfreint l’interdiction d’acheter des armes à la Russie.

Les marchés émergents sous une pression croissante

Après la Turquie, ce sont à présent l’Argentine et à l’Afrique du Sud qui se retrouvent au cœur du cyclone.

  • Subissant les effets de la crise que traverse (à nouveau) l’Argentine, le peso argentin est en chute libre.
  • À l’instar de la Turquie, le pays accuse à la fois un déficit fiscal et un déficit de son compte courant et possède des dettes énormes en devises étrangères.
  • D’importantes dettes en dollars américains jouent également des tours à l’Afrique du Sud. De plus, l’économie du pays s’est contractée pour le deuxième trimestre consécutif, entrant ainsi dans sa première récession depuis 2009.
L’Argentine, la Turquie et l’Afrique du Sud ont annoncé des mesures drastiques afin de réduire leur déficit budgétaire.

Entre-temps, les banques centrales turque et argentines sont intervenues afin de sortir leurs pays respectifs de la crise.

  • La Banque centrale turque a relevé son taux d’intérêt de pas moins de 625 points de base, le portant ainsi à 24 %. Ce relèvement est non seulement le plus important depuis l’arrivée au pouvoir d’Erdogan il y a 15 ans, mais il dépasse aussi de près de 2 fois les prévisions du marché.
  • En Argentine, la banque centrale a augmenté son taux à 60 %.
  • La banque centrale de l’Afrique du Sud a elle aussi annoncé qu’elle prendrait les mesures qui s’imposent si le ZAR continuait à s’affaiblir.

Parallèlement, les gouvernements de ces trois pays ont chacun déclaré que des mesures drastiques seraient mises en place afin de réduire des déficits budgétaires.

Draghi table sur une hausse de l’inflation de base

Selon Draghi, l’inflation serait due à la hausse des salaires.

De manière assez surprenante, Mario Draghi a déclaré lors qu’une séance du Parlement européen que l’on observait « a relatively vigorous pickup in underlying euro-area inflation », entendez une reprise relativement vigoureuse de l’inflation sous-jacente de la zone euro. Le président de la BCE faisait ici référence à l’inflation de base (et excluait donc les prix de l’énergie et des denrées alimentaires). Reste à savoir d’où proviennent ces prévisions...

Pour 2020, la BCE prévoit une inflation de 1,70 %.

Selon Draghi, l’inflation serait due à la hausse des salaires. Si cette prévision n’a rien d’étrange pour certains pays (comme les Pays-Bas et l’Allemagne), il semble que pour la majorité des membres de la zone euro, il y ait encore une marge de progression suffisante sur le marché du travail. À 1,90 %, la croissance salariale de la zone euro reste en effet modeste.

Enfin, la BCE prévoit pour 2020 un taux d’inflation de 1,70 %, ce qui ne traduit pas d’emblée une pression inflationniste soutenue.

Les propos de Draghi ont à nouveau propulsé l’eurodollar au-dessus de la barre de 1,18, mais uniquement pour une courte durée.

Ces propos ont également eu d’importantes répercussions sur les taux à long terme.

  • Ainsi, le swap à 10 ans a pour la première fois dépassé 1 % depuis le mois de juin.
  • Le taux du Bund à 10 ans a fortement progressé et a atteint 0,525 %, soit la valeur la plus élevée depuis mai dernier.
  • Le taux des bons d’État américains à 10 ans est extrêmement proche de son niveau le plus élevé de l’année (un peu plus de 3,10 %), qu’il avait lui aussi atteint en mai.

Le Brexit dans l’impasse

L’augmentation de l’incertitude s’observait déjà dans les mouvements de la livre sterling.

Tout semblait aller bien jusqu’il y a peu. Après les vacances parlementaires, Michel Barnier, négociateur en chef pour le compte de l’UE, avait encore indiqué qu’il se pouvait qu’un accord soit conclu dans les huit semaines. Mais de cette perspective, il ne reste à présent plus grand-chose, puisque le plan de May a été rejeté lors du sommet mouvementé qui s’est tenu à la mi-septembre à Salzburg.

Par ailleurs, le fossé apparu au sein du parti conservateur menace de continuer à se creuser maintenant que Boris Johnson et David Davis, les fervents partisans du Brexit, déclarent vouloir un traité commercial comme celui qui lie l’UE et le Canada. Après le sommet, May a déclaré que son plan était le seul projet viable et que le Royaume-Uni était prêt à sortir de l’Europe sans accord.

Tous les protagonistes semblent donc affûter leur stratégie de négociation. Si la plupart des analyses maintiennent leurs prévisions, à savoir qu’un résultat « positif » sera finalement atteint en novembre, rien ne le garantit. L’augmentation de l’incertitude s’observait déjà dans les mouvements de la livre sterling.

Pendant ce temps-là en Italie...

Autre variable instable dans l’équation : l’Italie. Di Maio, le président du Mouvement 5 étoiles, a réaffirmé ses promesses électorales, à savoir qu’il laisserait le déficit budgétaire dépasser la barre des 2 % du PIB. La Ligue du Nord a elle aussi indiqué que le gouvernement devait être prêt à le laisser franchir ce seuil.

L’Italie met à l’épreuve la patience des investisseurs.

Les marchés semblaient accorder bien plus de crédibilité aux propos rassurants du ministre des Finances Tria et du Premier ministre Conte. Lors du sommet européen de Salzburg, ce dernier avait encore déclaré que le déficit budgétaire ne dépasserait pas les 2 %.

Mais fin septembre, le combat a finalement tourné en faveur du parti anti-establishment de Di Maio. L’accord budgétaire proposé fait en effet état d’un déficit de 2,4 % pour les trois prochaines années. L’Italie teste ainsi la crédibilité des règles budgétaires européennes et met par la même occasion à l’épreuve la patience des investisseurs.

La Réserve fédérale relève à nouveau son taux

Le troisième relèvement de taux correspond aux attentes.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté son taux directeur de 25 points de base, le faisant ainsi passer de 2,00 % à 2,25 %.

Ce relèvement, le troisième de l’année, était globalement attendu. Depuis septembre 2015, la Fed a déjà rehaussé son taux à huit occasions. La banque centrale a par ailleurs indiqué qu’il était probable qu’elle procède à un quatrième relèvement cette année. Selon les projections, trois autres relèvements devraient avoir lieu en 2019.

La Fed a toutefois changé ses explications en cessant de qualifier sa politique de « stimulante ». Elle semble ainsi mettre un terme aux nombreuses années de souplesse en vue de sortir de la crise financière.

Les perspectives de croissance pour 2018 et 2019 ont en outre été revues à la hausse, passant respectivement de 2,8 % à 3,1 % et de 2,4 % à 2,5 %. Les prévisions en matière d’inflation ont également été légèrement révisées, passant de 2,1 % à 2,0 %.

Les nouvelles projections semblent justifier le cours actuel que suit la Fed en continuant à resserrer progressivement sa politique monétaire.

Conclusions pour vos placement

  • Les placements sûrs à rendement fixe continueront sans doute à générer un rendement faible pendant un certain temps.
  • Si vous voulez un rendement plus élevé, vous devez être disposé à investir une partie de votre portefeuille de façon dynamique, conformément à votre profil d’investisseur et à vos objectifs personnels.
  • La constitution d’un patrimoine repose sur une vision à long terme, basée sur une discipline d’investissement rigoureuse et le respect de la stratégie choisie. Sachez toutefois que les placements dynamiques connaissent toujours une évolution volatile.
  • Le maître mot est la diversification : durées, classes d’actifs et gestionnaires.
  • Nous nous ferons un plaisir d’en discuter avec vous sur la base de votre trajet financier personnel. N’hésitez pas à nous contacter pour un entretien.

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mercredi 3 octobre 2018