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Transformer les défis en opportunités

Après avoir évolué au sein de plusieurs structures, Corinne Merla a décidé, avec d’autres avocats reconnus dans leurs domaines d’expertise, de créer le cabinet Younity en 2012 .

Tirer parti des forces de chacun, et compenser les faiblesses

Depuis 2018, Corinne Merla est managing partner du cabinet, qui se veut à taille humaine et mise sur le respect de valeurs fortes. Le cabinet entend répondre au mieux aux questions complexes de ses clients en prônant l’esprit d’équipe et la complémentarité. L’avocate a toujours privilégié le travail en association intégrée. Ce type d’association ne se contente pas de partager uniquement les frais, comme c’est le cas des associations de frais, mais répartit les frais et les rentrées entre les associés, selon une clé de répartition. Corinne Merla : « Le partage des frais et des rentrées permet en effet de fonctionner de manière concertée, dans un esprit d’équipe. En associant des profils différents, l’association intégrée permet de tirer parti des forces de chacun et de compenser les faiblesses. » Ainsi, le cabinet veille constamment à pratiquer la délégation ; le client sera donc assuré que son dossier sera traité par la personne la plus compétente au sein de l’association.

L’association intégrée offre également une sécurité financière aux associés, une stabilité qui leur permet d’être plus sereins dans le traitement des dossiers au quotidien et, de ce fait, d’être de meilleurs praticiens.

Les valeurs comme point de départ

Pour Corinne Merla, la réflexion sur les valeurs est essentielle dans le cadre de l’association. « Dès le départ », nous confie-t-elle, « il faut réfléchir aux valeurs que nous souhaitons mettre en avant. Une fois ces valeurs adoptées, nous devons nous assurer que les personnes qui entrent dans la structure sont également de nature à y adhérer. »

Les valeurs ayant présidé à la création de Younity sont le respect, la transparence, la confiance, la solidarité et la convivialité. Le recrutement de nouveaux associés, qu’il soit le fruit d’un processus interne ou qu’il se déroule via des canaux externes, implique, dans tous cas, l’adhésion à ces valeurs.

L’aspect humain est très important : nous tenons à ce qu’il y ait un match au niveau des personnalités.

Corinne Merla : « C’est le managing partner qui, en général, va avoir le premier contact avec l’un ou l’autre candidat et qui va en référer aux autres associés. La candidature de la personne sera examinée en conseil d’administration et nous allons inviter la personne à venir se présenter et à rencontrer tous les associés, car l’aspect humain est très important : nous tenons à ce qu’il y ait un match au niveau des personnalités. Nous allons également examiner la clientèle du candidat et son chiffre d’affaires ; c’est ce que l’on appelle le business case. Sur base de cela, et des matières pratiquées par le candidat, nous prenons notre décision. »

La divergence de points devue enrichit la réflexion 

Younity compte huit associés. « Par définition, l’un ou l’autre associé aura toujours un point de vue différent », explique l’avocate. « Le fait qu’il y ait des points de vue différents permet d’enrichir la réflexion, de faire évoluer le projet et de bien réfléchir à la motivation que l’on a à présenter le projet. En effet, s’il ne remporte pas l’adhésion du groupe, si l’on ne parvient pas à le défendre, c’est que le projet n’est peutêtre pas bon, ou pas opportun à ce moment-là. » Dans ce sens, la divergence de points de vue est très enrichissante.

« De manière générale, dans la structure, nous appliquons le consensus. Il est très important, lorsqu’un projet est adopté, qu’il y ait vraiment une adhésion au projet. Et l’adhésion doit évidemment être collective, sinon les chances de succès du projet se trouvent fortement diminuées. »

 

Dans un cabinet d’avocats, pour que cela marche, il ne faut pas un patron : il faut un chef d’orchestre !

Corinne Merla : « La particularité d’un cabinet d’avocats, c’est que les associés qui y travaillent en sont aussi les actionnaires et les administrateurs. Il ne peut pas y avoir d’actionnaire externe. Le respect mutuel est dès lors très important au quotidien. Porter un projet peut parfois s’avérer difficile car il faut compter avec la personnalité et les attentes diverses des associés et autres avocats du cabinet. « Cette difficulté peut être vue de manière positive. Je l’aborde en tenant compte de la personnalité de chacun, en favorisant un dialogue franc et une communication ouverte et en préparant bien les projets qui sont présentés. »

Pour l’avocate, la meilleure façon d’aborder cette façon de fonctionner est de voir l’association comme un orchestre, et le managing partner comme un chef d’orchestre. « Le chef d’orchestre, par définition, va respecter les compétences : il ne va pas dire au violoniste de jouer du piano, ni dire au pianiste comment jouer du piano. Par contre, il va amener les membres à s’entendre, et faire en sorte qu’ils aillent dans le même sens afin de jouer une musique harmonieuse.

Il est important de laisser à chacun son autonomie dans l’exercice de son métier et être à l’écoute des suggestions. Il faut simplement arriver à ce que chacun joue la même partition pour porter le projet de l’association… et oser se lancer dans de nouvelles partitions. »

Il est important de laisser à chacun son autonomie. Il faut simplement arriver à ce que chacun joue la même partition.

 

Oser sortir de sa zone de confort

Dans son parcours professionnel, Corinne Merla a évolué dans plusieurs structures et nous confie, au terme de l’interview, qu’elle a trouvé cela très enrichissant. Cela lui a permis de découvrir différents horizons et différentes manières de fonctionner, et donc, à chaque fois également, d’apprendre. A la fin des années ’90, elle s’est également lancée dans une matière que très peu d’avocats pratiquent, à savoir les pensions complémentaires. Ce fut un challenge mais surtout, une très belle opportunité. Aussi livre-t-elle le conseil suivant à ceux qui souhaitent embrasser la carrière d’avocat : « Je pense que, de nos jours, dans ce métier, si l’on veut évoluer, il faut pouvoir oser et sortir de sa zone de confort. Il faut avoir l’esprit ouvert également : aux autres, aux nouvelles expériences professionnelles, aux nouvelles matières, etc. 

Or si l’on veut évoluer, il faut oser, et ne pas prendre chaque nouveauté comme quelque chose de déstabilisant, comme un écueil.

Il faut aussi être patient : on ne peut pas avoir tout tout de suite. Je constate que les jeunes sont beaucoup plus sensibles au changement qu’avant. Une fois qu’ils se sont installés soit dans une matière, soit dans une manière de fonctionner, ils ont tendance à craindre le changement. Or si l’on veut évoluer, il faut oser, et ne pas prendre chaque nouveauté comme quelque chose de déstabilisant, comme un écueil. Il faut aussi donner le temps au temps. »

mercredi 9 mai 2018