Se séparer de son entreprise, une démarche pas évidente !

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Lâcher prise est souvent douloureux. Notre nature nous pousse à nous accrocher. Cela s’applique certainement aux entrepreneurs qui doivent un jour dire adieu à leur entreprise. Il s’agit de leur passion, l’œuvre de leur vie. Pourquoi avons-nous généralement tant de mal à lâcher prise ? Et comment cela se traduit-il lorsque le moment est venu de dire au revoir à son entreprise ? Nous avons posé la question à Elke Verboven, personal coach.

Trop souvent, nous considérons notre propre personne et ce que nous faisons comme un tout indissocié. C’est précisément à cause de cela qu’il nous est difficile de tourner la page en ce qui concerne notre carrière. C’est comme si nous perdions notre identité en même temps.

Ne jetez pas vos vieilles chaussures avant d’en avoir de nouvelles. Vous savez ce que vous avez, vous ne savez pas ce que vous obtiendrez. La vie est faite d’imprévus. La langue regorge de dictons exprimant l’idée que lâcher prise n’est pas toujours facile. Comment expliquez-vous cela ? Pourquoi nous accrochons-nous à certaines choses ? « Cela est souvent dû au fait que nous nous identifions beaucoup à ce que nous faisons, pensons ou ressentons », explique Elke Verboven, personal coach.

Elke Verboven : Je marche, donc je suis un marcheur. J’aime parler aux gens, je suis donc un « causeur ». Je préfère rester en retrait, donc je suis introverti. Je pense de façon très logique et rationnelle, donc je suis plutôt du type rationnel. C’est comme ça que nous nous voyons. Et quand vient ensuite le moment de laisser tomber ce que l’on fait, ressent ou pense, nous avons l’impression de nous perdre et de voir une partie de notre identité disparaître. Parce que nous voyons notre personne et ce que nous faisons, ressentons et pensons comme un tout. Nous ne parvenons pas toujours à dissocier ces aspects.

C’est également vrai en ce qui concerne notre carrière. Lorsqu’un entrepreneur doit se séparer de son entreprise, il a l’impression d’abandonner et de perdre une partie de lui-même. Une entreprise qui a été créée et que l’on a fait grandir. Et puis vient le moment de s’en séparer accompagné de l’irrémédiable question : qui suis-je maintenant ?

Ne sommes-nous pas entraînés toute notre vie à lâcher prise ?

Elke Verboven : « À des moments cruciaux de notre vie, nous sommes en effet amenés à dire au revoir et à lâcher prise. » Cela commence dès la naissance. Nous lâchons physiquement notre mère. Un jour, nous devrons aussi laisser partir nos enfants. Ou encore, faire nos adieux à des personnes avec lesquelles nous avons vécu ou travaillé de manière très proche. Nous rompons une relation ou perdons un être cher. De même, abandonner certains rêves ou attentes dans la vie est quelque chose de commun à la plupart des gens.

La manière dont ce lâcher-prise aura été vécu à maintes reprises sera déterminante. À cause du fait que nous nous identifions à tort à certaines situations, personnes ou rêves, nous vivons souvent ce lâcher-prise de manière négative. En ne nous identifiant pas à nos enfants, à notre travail, à notre maison ou à notre relation, mais en les voyant pour ce qu’ils sont (un nouvel être qui est mis au monde, une manière de contribuer à la société et d’assurer notre subsistance, un endroit où habiter…), le lâcher-prise devient automatiquement beaucoup plus facile. Bien sûr, l’inverse est également vrai. Plus il aura été facile de lâcher prise dans le passé, plus grandes seront les chances que vous puissiez facilement vous éloigner de votre passion ou de l’œuvre de votre vie. »

En quittant votre entreprise, vous êtes également confronté à d’autres réalités. Vieillir, par exemple. Ou la fin d’une phase importante de la vie. Cela peut-il aussi faire obstacle au lâcher-prise ?

Elke Verboven : « Absolument. Les gens se demandent souvent : suis-je encore utile ? Quelle contribution puis-je encore apporter à la société ? Les entrepreneurs lâchent non seulement leur entreprise, mais souvent aussi leur passion. Ce qui les anime au quotidien. Ils considèrent souvent leur entreprise comme une extension d’eux-mêmes. De ce fait, on comprend mieux qu’il soit difficile de lui dire adieu un jour.

C’est précisément pour cette raison qu’ils prévoient parfois une période de transition. Quelqu’un reprend la gestion pendant qu’ils continuent à travailler eux-mêmes dans l’entreprise. Un retrait progressif permet parfois de lâcher prise plus facilement.

Vous entamez un processus de retrait de votre entreprise ? Trois conseils concrets !

  • Préparez bien le chapitre de l’après-carrière.
Réfléchissez en temps utile à la manière dont vous allez occuper votre temps après votre chapitre professionnel. Associez également une utilité à cette nouvelle phase de la vie. Veillez à ce que vous continuiez à contribuer à quelque chose d’utile. S’occuper des petits-enfants, par exemple. Ou faire du travail bénévole. Ou encore accompagner des jeunes entrepreneurs qui se lancent.

  • Faites en sorte de ne pas avoir de regrets.
Plus votre travail sera achevé de manière complète et satisfaisante, plus il sera facile de s’en séparer. Assurez-vous qu’au cours de votre carrière, vous ayez fait tout ce que vous vouliez faire et que tout soit achevé.

  • Trouver les bonnes personnes

Ne vendez pas pour l’argent, mais pour quelqu’un en qui vous croyez et qui poursuivra l’œuvre de votre vie de la bonne manière. Cela aussi vous aidera à lâcher prise en toute sérénité.

Vous envisagez une transmission familiale de votre entreprise ? Faites-vous conseiller par des experts.

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