Le gouvernement fédéral a définitivement donné son feu vert à la réforme des pensions portée par le ministre Jan Jambon. Les principes généraux sont fixés et l’impact peut être important, y compris pour vous en tant qu’indépendant. Qu’est-ce qui change exactement ? Et surtout : qu’est-ce que cela implique pour votre pension future ? Nous passons la réforme au crible à travers quatre questions pertinentes.
1. Devrai-je travailler plus longtemps pour pouvoir prendre ma pension ?
La réforme des pensions ne modifie pas l’âge légal de la pension, mais pour ceux qui souhaitent prendre une pension anticipée, la définition d’une année de carrière repose désormais sur des critères plus stricts. Une année n’est prise en compte que si au moins 156 jours de travail effectif (ou assimilés) ont été prestés pour les salariés, et au moins deux trimestres pour les indépendants.
Pour ceux qui souhaitent prendre leur pension à 60 ans après 42 ans de carrière, la barre est encore plus haute : 234 jours par an pour les salariés et les fonctionnaires, et trois trimestres pour les indépendants.
2. Est-ce que je cours le risque d’un malus pension ?
Ceux qui prennent une pension anticipée sans longue carrière effective suffisante risquent un malus pension.
Concrètement : toute personne ne pouvant démontrer à la fois 35 années de carrière et 7,020 jours de travail effectif (ou 90 trimestres) verra le montant de sa pension réduit en cas de départ anticipé (à partir de 2027).
Une souplesse limitée est toutefois mise en place : un pot de réserve de cinq jours pour compenser un léger déficit. Les jours de maladie, de congé de maternité et certaines périodes de soins restent assimilés.
3. Les personnes qui travaillent plus longtemps sont-elles récompensées ?
Oui. Parallèlement au malus, un nouveau système de bonus pension est mis en place. Les personnes qui travaillent au-delà de l’âge légal de la pension et qui remplissent les conditions de carrière se constituent un bonus pension.
Le message est clair : travailler plus longtemps est récompensé, mais uniquement en cas de prestations effectives suffisantes.
4. Que puis-je faire aujourd’hui pour sécuriser ma pension et préserver ma liberté de choix ?
Les règles plus strictes compliquent le départ anticipé, car il peut entraîner une réduction du montant de la pension via le malus pension. La pension légale seule est souvent insuffisante pour conserver le niveau de vie souhaité après la pension.
Une pension complémentaire s’avère dès lors essentielle. Les formules telles que la PLCI, l’EIP et l’épargne-pension fiscale jouent un rôle clé pour compenser l’impact des nouvelles règles :
- elles permettent la constitution d’une pension, indépendamment des conditions de carrière plus strictes ;
- elles contribuent à limiter la perte de revenu lors du départ à la pension ;
- elles créent davantage de liberté pour fixer soi-même le moment où l’on prend sa pension.
La réforme montre clairement que prévoir dès aujourd’hui une pension complémentaire permet de réduire sa dépendance à la pension légale et de garder la main sur son avenir. Les décisions prises aujourd’hui peuvent faire demain la différence. Avec l’accompagnement adéquat, la réforme n’a rien d’un obstacle, mais peut, au contraire, devenir le point de départ d’un plan financier plus solide. |