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Bank - Banque Van Breda

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Soins vulnérables

Cyber

Début janvier, l’hôpital anversois AZ Monica a été contraint, à la suite d’une cyberattaque ciblée, de mettre des serveurs hors service, d’annuler des interventions et de transférer des patients critiques. Ces transferts et le recours forcé au papier crayon ont mis en lumière une réalité : un sabotage numérique entraîne une véritable interruption des soins, avec des effets immédiats. Une déstabilisation qui était, très probablement, l’objectif des cybercriminels.

Cette analyse est confirmée par les chiffres et par les avertissements internationaux. Dans le secteur européen des soins de santé, les rançongiciels représentent de loin la menace dominante : selon l’ENISA, l’agence européenne de cybersécurité, ils comptaient pour près de 54 % des incidents, les hôpitaux étant les premières cibles. Le secteur des soins rejoint ainsi la liste des « secteurs critiques » aux côtés de l’Énergie, des Télécoms, du Transport et des Banques.

Le directeur général de l’OMS a jugé l’impact si grave qu’il a, en novembre 2024, informé le Conseil de sécurité de l’ONU des conséquences « dévastatrices » des cyberattaques contre les hôpitaux - depuis les risques directs pour les patients jusqu’à la désorganisation financière.

Les suites d’une cyberattaque obligent parfois à puiser dans les réserves ou à recourir à des solutions manuelles chronophages pour payer les salaires et les fournisseurs. À cela s’ajoute la pression humaine, qui ne cesse de s’intensifier depuis des années. La Belgique constate également cette pénurie de personnel, et une cybercrise touche un système déjà à bout de souffle.

Conflits armés

Dans ce contexte, la décision d’intégrer plus explicitement la médecine de guerre dans le cursus - comme l’a annoncé l’Université d’Anvers début février - apparaît comme une forme de préparation lucide. Nos facultés répondent ainsi à l’appel des services fédéraux de la Défense et de la Santé publique, qui souhaitent mieux préparer les étudiants en santé aux situations de conflit.

Dès la prochaine année académique, des modules portant sur le triage en cas d’afflux massif de victimes, les blessures par explosion ou par balle, ainsi que des formations destinées à traiter les blessés les plus graves dans des zones sécurisées seront intégrés à la formation de nos futurs médecins.

Des réseaux solides

Cyberattaques, blessures de guerre et pénurie de personnel ne constituent pas un scénario apocalyptique : ils forment la réalité dans laquelle les soins doivent être organisés aujourd’hui. L’ordre mondial a changé, un nouveau réalisme s’impose. Tous ceux qui travaillent dans les soins savent qu’il n’existe aucun risque zéro. Mais c’est précisément pour cette raison que l’adage s’applique ici plus que partout ailleurs : un homme averti en vaut deux.

Des mesures prises à temps et avec discernement n’empêchent pas toutes les crises, mais elles évitent qu’un incident ne dégénère en catastrophe. Notre pays dispose de réseaux solides de prestataires de soins d’excellence. Mettons aussi cette force au service de l’absorption des chocs numériques : établissons des accords, partageons les connaissances et soutenons-nous opérationnellement lorsque les systèmes vacillent.

Car la résilience ne naît pas uniquement dans une salle de serveurs ou aux urgences, mais aussi dans la manière dont les médecins, pharmaciens, kinésithérapeutes, infirmiers à domicile et hôpitaux - soutenus par les pouvoirs publics - s’organisent comme un ensemble cohérent et robuste.

C’est la seule voie pour garantir les soins de demain, dans un monde en évolution permanente.

Expert Professions libérales,  Banque Van Breda
Ortwin Boone

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